01/07/2014

Ardentes J-9 : 2014, l’année Stromae

Stromae2 (c) libre de droits.jpgStromae est bien plus qu’un simple chanteur à succès. C’est un phénomène de société. Le terme n’est effectivement pas trop fort quand on parle d’un petit bruxellois qui bat les records de vente de Daft Punk en France en quelques semaines, qui multiplie les distinctions individuelles et qui se permet même de faire salle comble au Maroc, à New York et à Montréal, tout en conservant la tête froide et une humilité à toute épreuve. A quelques jours de son concert aux Ardentes, retour sur la carrière d’un petit gars qui n’a pas fini de nous surprendre.

Rien ne prédestinait Paul Van Haver à devenir une star. Né le 12 mars 1985 d’un père rwandais et d’une mère flamande, celui qui allait se faire connaître sous le nom de Stromae a vécu une enfance modeste dans un quartier populaire de Bruxelles. Sa jeunesse fut marquée par la perte de son père, qui les abandonna lui et ses quatre frères et fut tué en 1994 durant le génocide au Rwanda.

Avant-dernier de la fratrie, Paul commence à s’intéresser à la musique à l’âge de 11 ans, influencé par des grands frères qui vouent alors un véritable culte au groupe de rap américain Public Ennemy. Il s'inscrit à l'Académie musicale de Jette pour prendre des cours de solfège et de batterie, tandis que sa mère l’envoie pour ses études secondaires à l'internat jésuite de Godinne. C’est là qu’il fait la connaissance de Jean-Didier Longane, avec qui il monte un duo baptisé Suspicion. Le seul morceau qu’ils publieront porte un nom prémonitoire : « Faut que t’arrêtes le rap ». C’est à cette époque que Paul choisit le pseudonyme d’Opmaestro, qui deviendra plus tard Stromae.

Il se fait la main avec des chanteuses R’nB de seconde zone

Stromae3 (c) libre de droits.jpgSon acolyte décidant de mettre un terme au projet quelques années plus tard, Stromae se lance dans une carrière en solo. Il travaille pendant un an dans un restaurant Quick avant de s’inscrire à l'INRACI, dans la section cinéma. Il y mène des études d'ingénieur du son et investit son argent pour réaliser son premier opus, un maxi de quatre titres baptisé « Juste un cerveau, un flow, un fond et un mic… ». C’est à cette époque aussi qu’il compose des morceaux pour les chanteuses de R’n B de seconde zone que sont Anggun et Melissa M, développant patiemment le style qui fera son succès.

En parallèle, il se met à publier sur Youtube les désormais célèbres « Leçons de Stromae », des capsules vidéo où il distille son savoir-faire avec beaucoup d’humour et de finesse. Il doit cette idée de génie à son ami Dimitri Borrey, qui est encore et toujours son manager à l’heure actuelle. Très fidèle en amitié, l’auteur-compositeur ne se sépare jamais non plus de sa chorégraphe Marion Motin, de son ingénieur du son Lionel Capouillez ni de sa styliste Coralie Barbier, à qui l’on doit ce look de petit enfant sage qui lui va comme un gant. Sage, le garçon l’est d’ailleurs la plupart du temps. Il confie volontiers n’avoir été saoul qu’une seule fois dans sa vie (et pas pour le tournage du clip de « Formidable ») et avoir pour seuls vices l’amaretto citron-glace et le tabac, particulièrement les cigares Romeo y Julietta. Poli sans être lisse, populaire mais jamais racoleur, riche et humble à la fois, Stromae est en même temps le gendre idéal et le petit ami rêvé. Mais le pire de tout, c’est qu’il est tellement attachant qu’on n’arrive pas à en être jaloux.

  •  Dans notre journal de demain : Les petits secrets des autres têtes d’affiche des Ardentes

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