04/11/2015

Suspecté d’être néo-nazi, un groupe russe voit son concert au Reflektor annulé

Slaughter to Prevail1 (c) libre de droits.jpgUne vive polémique agite le milieu du rock dur liégeois. Programmé vendredi soir au Reflektor, le groupe russe Slaughter to Prevail a été prévenu ce mardi qu’il n’y était plus le bienvenu. La raison ? Un article paru lundi sur Internet et qui démontre que le chanteur du combo prône des idées d’extrême droite, même si le principal intéressé s’en défend.

Voilà une controverse dont Nicolas Piron se serait bien passée. Celui qui organise des festivals de musique Metal depuis quelques années est tombé des nues lorsqu’il a appris qu’un des groupes programmés dans son prochain évènement était suspecté de défendre des opinions d’extrême droite. « Le 6K Fest est un festival apolitique », a-t-il tenu à nous préciser. « Nous nous y réunissons pacifiquement entre amateurs de rock dur, mais nous signalons toujours aux artistes qui se produisent chez nous qu’ils ne sont pas là pour défendre une quelconque opinion, qu’elle soit de gauche, de droite ou du centre. Ce groupe russe nous a été proposé par l’agence de booking de Distant, une autre formation à l’affiche vendredi. Nous avons écouté leur musique et lu leurs paroles comme nous le faisons avec tous les artistes qui nous sont présentés, mais rien ne laissait penser que leur chanteur défendait ces opinions que nous rejetons en bloc. Ce n’est que lorsqu’un article à ce sujet a été diffusé sur Internet que nous avons été alertés. Nous avons immédiatement pris nos responsabilités en annulant la venue du groupe et en prévenant l’agence qui nous l’avait renseigné. Eux-mêmes en sont d’ailleurs restés sans voix. Ils nous ont confirmé qu’ils n’assureraient plus la promotion de Slaughter to Prevail à l’avenir. » 

Pas de preuve formelle, mais de nombreux soupçons

Slaughter to Prevail2 (c) Steve-Watkins.jpgL’article qui a alerté les organisateurs de l’évènement est d’abord apparu sur un site russe avant d’être relayé par divers blogs européens. On y voit une photo du chanteur Alexander Shikolay arborant un tatouage en forme de soleil noir, un vieux symbole païen qui fut repris par les nazis durant la deuxième guerre mondiale. Sur sa page Facebook, ce même chanteur fait également la promotion du groupe néo-nazi moscovite You Must Murder, pose en photo avec des rappeurs russes connus pour leurs accointances avec les mouvements fascistes et s’affiche avec des vêtements d’une marque qui supporte l’extrême droite. Après la publication de cet article, il a pourtant publié un communiqué dans lequel il se défend de prôner ce genre d’idées, précisant même qu’il est récemment parti en tournée avec un groupe israélien pour prouver sa bonne foi. Des explications qui n’ont pas été jugées suffisantes par le Reflektor, qui soutient fermement Nicolas Piron dans sa décision. « Le délai est trop court pour pouvoir juger des opinions réelles de cet artiste », a réagi Jean-Yves Reumont, l’attaché de presse de la salle. « De notre côté, nous n’avons voulu prendre aucun risque. Lorsque nous avons entendu parler de ces accusations, nous avons contacté les organisateurs du festival et leur avons directement signifié que ce groupe n’était pas le bienvenu dans notre salle, que nous louions pour l’occasion. »

Il reste désormais à espérer que le festival pourra se passer dans les meilleures conditions, au même titre que la vingtaine d’évènements organisés dans le passé par Nicolas Piron. Car contrairement aux idées reçues à leur sujet, ce père de famille insiste sur le fait que les fans de musique Metal sont avant tout des personnes pacifiques qui ne cherchent pas à attirer l’attention sur eux.

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