12/11/2015

Paul Simul: à 70 ans, le rockeur liégeois serveur à l'Alhambra fait le buzz sur le net

Paul Simul et moi.jpgA 70 ans, le Liégeois Paul Simul est certainement l’un des plus anciens serveurs en discothèque. Actif les week-ends à l’Alhambra sur la route de Tongres, il est également un chanteur de rock au parcours atypique. De sa rencontre avec Pierre Rapsat à ses concerts au Brésil, il nous a raconté son incroyable histoire.

S’il était un chanteur reconnu dans les années 60 et 70, Paul Simul était depuis lors rentré dans le rang. Plutôt discret, il est une figure bien connue des fêtards liégeois. Il s’est récemment rappelé au bon souvenir de ses fans en faisant le buzz sur internet. Une vidéo où le serveur improvise quelques notes sur « Stand By Me » de Ben E. King et qui a été vue plus de 36.000 fois en quelques jours. « Je ne réalise toujours pas ce qui m’arrive », nous explique ce personnage attachant. « Les gens m’arrêtent en ville, dans la rue, dans les magasins, et même à l’hôpital pour me féliciter. C’était pourtant une simple improvisation en fin de soirée pour faire plaisirs à quelques amis. Certains se sont rappelés de moi, d’autres ont découvert que je chantais. » Et pourtant, Paul Simul n’est pas le premier venu. Né à Bressoux, métis de grand-mère congolaise, il réside désormais au Thier-à-Liège. Paul est papa de quatre enfants et possède un frère jumeau, Christian, qui est DJ. Autodidacte, fan de rock, Paul Simul remporte à 14 ans un concours au Palais des Congrès avec son premier groupe. Il remplace ensuite au pied levé la chanteuse des « Blue Jets » et connaîtra ses premiers succès avec ce groupe dans les années 60. Il rencontre ensuite Pierre Rapsat qui lui écrit ses premières chansons (voir ci-dessous). « C’était une autre époque. Il n’y avait pas encore cette culture des médias. Personne ne s’est jamais occupé de moi. Les maisons de disques et les managers en ont roulé plus d’un dans la farine. Je n’ai jamais touché un seul franc sur mes chansons. J’ai pourtant travaillé pour les plus grandes maisons de disques à Paris. Mais à l’époque, ma seule préoccupation était de chanter et de me retrouver sur scène. Aujourd’hui, je le regrette un peu. »

"Nha Nha Call Me Music"

Et c’est avec son titre « Nha Nha Call Me Music », une reprise de Raffaela Carra produite par Defourny, qu’il se fera connaître. « Cette chanson a été classée numéro 1 un peu partout dans le monde en 1975. Elle passait en boucle dans les discothèques. J’ai même fait une tournée au Brésil devant des milliers de personnes. Récemment, j’ai retrouvé un disque pressé en Argentine que j’ai racheté 32 dollars sur le net. » Déçu par l’industrie du disque, il décidera ensuite de raccrocher. « J’ai préféré mon rôle de père à celui de chanteur. Mais j’aime le contact avec les gens. Ce boulot de serveur me rend heureux. Je ferai comme Aznavour, j’irai jusqu’au bout (rires). »

Ses débuts en studio avec Pierre Rapsat

Paul Simul 4.pngDans les années 60 et 70, Paul Simul a côtoyé de nombreux artistes. De Frédéric François, en passant par Michèle Torr, Thierry Le Luron, Adamo ou encore Claude Barzotti, Paul Simul a partagé les scènes et les studios d’enregistrements avec les plus grands de l’époque. Mais c’est sa rencontre avec Pierre Rapsat qu’il garde précieusement en mémoire.

« J’habitais au-dessus du cinéma Palace à Liège quand Pierre a débarqué chez moi avec le producteur Eric Vion. Il composait mais ne chantait pas encore. C’est moi qu’il a choisi pour interpréter ses premières chansons. Il m’accompagnait alors à la guitare. Nous avons enregistré notre premier single à Anvers, puis ensuite à Paris où nous logions ensemble. Et c’est avec un de ses titres que je me suis fait connaître au Brésil où nous étions classés dans le hit-parade de l’époque. Pierre était un type bien et très simple. Nous nous sommes ensuite perdus de vue. Mais j’étais très fier de sa réussite. Il le méritait amplement. »

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