25/05/2016

"C'est mon histoire": le nouveau livre de Frédéric François en 10 anecdotes

photo coeur_plus.jpgUne biographie du chanteur liégeois à l’occasion des 70 ans de l’immigration italienne en Belgique

En marge de son dernier album sorti en avril dernier est également paru un livre consacré à la vie de Frédéric François. Une nouvelle biographie écrite en collaboration avec Christophe Corthouts et Brice Depasse intitulée tout simplement « C’est mon histoire ». Un livre qui s’inscrit dans le cadre des 70 ans de l’immigration italienne en Belgique. Tout un symbole pour ce fils de mineur sicilien devenu l’idole de toute une génération.

L’histoire de Francesco Barracato débute en Sicile, dans son petit village natal de Lercara Friddi, et nous emmène au fil des étapes de sa vie, de son enfance à ses succès. « Avec le temps qui passe, je me suis rendu compte que je n’avais pas encore tout dit », nous explique Fredo. « Mon histoire parle de l’immigration. Je pense que beaucoup de personnes vont reconnaître leur propre histoire dans la mienne. C’est ma façon à moi de me souvenir et de ne surtout pas oublier d’où je viens. Mais c’est surtout un livre rempli d’espoir qui prouve que l’on peut réussir en partant de rien. Oui, le rêve est permis pour tout le monde. Qui aurait pu imaginer qu’en partant de Tilleur devant un charbonnage, que j’allais ensuite parcourir le monde ? » Un livre touchant et émouvant que nous avons lu pour vous et qui regorge d’anecdotes croustillantes et parfois méconnues du grand public. En voici quelques-unes.

1. La mule dans l'église en Sicile

En juillet 1953, Fredo accompagne tous les matins son grand-père Saro à dos de mule. Au retour d’une promenade, ils font halte à l’église de Lercara pour aller prier. L’église est déserte et la mule attend sagement dehors. Seul Fredo et son grand-père se recueillent. L’entrée tonitruante de la mule, qui trouvait le temps long, dans l’église restera gravée à jamais dans la mémoire de la famille et du village tout entier.

2. Des partitions comme papier peint

Comme d’autres artistes issus de l’immigration, Frédéric François est parti de rien. Avec son épouse Monique Vercauteren, ils ont connu des années de galère et ont mangé leur pain noir. Après ses premiers disques, Fredo décide de se marier et emménage avec son épouse dans sa première maison, à quelques pas de la maison familiale de Tilleur. Le succès qu’on lui connait aujourd’hui n’est pas encore au rendez-vous. Et la musique, son unique revenu, ne lui permet pas d’habiller les murs de cette petite maison. Le papier peint coute cher. Mais à l’époque, les partitions musicales devaient être obligatoirement imprimées pour que la chanson soit admise à la société d’auteurs. L’imprimeur en ayant fabriqué mille, Fredo utilisera les partitions de « Petite Fille » et de « Ne Pleure Pas » comme papier peint pour sa première demeure.

3. Reconduit par Michel Polnareff à Tilleur

Comme de nombreux artistes de sa génération, Frédéric François est fan de Michel Polnareff. En 1966, il assure la première partie de son idole. A la fin du concert, il se faufile dans les coulisses et lui demande tétanisé un autographe. A son grand étonnement, l’organisateur lui demande alors s’il a un véhicule pour rentrer. « Michel repart vers Paris. Il peut te déposer si tu veux. » Fredo monte en voiture avec Polnareff en direction de sa maison familiale de Tilleur. Sur le trajet, il se contentera timidement de « oui » et de « non » aux questions qu’on lui pose. La voiture le déposera à l’entrée de sa rue, là où Fredo écoutait Polnareff sur sa petite radio et composait ses premières chansons à la guitare.

4. Son ami Jeannot mort dans un accident

Lors d’un concert programmé à Tubize, Fredo propose à son ami Jeannot de l’accompagner. Les musiciens et amis se tassent à l’arrière dans la petite voiture. Un peu à l’étroit mais tellement heureux d’être ensemble. Sur le trajet, un chauffard ayant trop bu percute le véhicule. Tous s’en sortent sérieusement blessés. Seul Jeannot ne survivra pas à l’accident.

5. On ne dit pas non à Johnny…

Grâce à l’organisateur de concerts Constant Defourny, Frédéric François et Johnny Hallyday vont se côtoyer dans les années 70 et devenir de vrais amis. Lors de chacun de ses passages en Belgique, Johnny demande à Defourny de contacter Fredo. Un soir pourtant, Fredo est cloué au lit avec une grosse fièvre. Impossible de bouger. Et pourtant. « Johnny insiste pour que tu viennes », lui lance Defourny au téléphone. Fredo refuse poliment et raccroche. Mais le téléphone sonne à nouveau. Fredo sait que Johnny n’abandonnera pas. « Tu crois vraiment que je peux dire non à Johnny ? », lui lance Defourny. Fredo finira par sortir de son lit et le rejoindra au restaurant "L’Écaillier" à Liège.

6. Refusé à l’usine Englebert

En 1960, les grèves avaient frappé durement la région liégeoise. Francesco Barracato n’est pas encore le Frédéric François d’aujourd’hui. Même s’il compose avec son ami d’enfance Rosario Marino des chansons qui pourraient bien rencontrer le succès, Fredo doute et se met à penser à l’avenir. Par dépit, à force de ne voir rien venir, Fredo se décide d’accompagner son voisin et ami Walter chez Etablissements Englebert, le célèbre fabriquant liégeois de pneus. Si son ami Walter décroche le job, Fredo sera quant à lui refusé. Dès le premier coup d’œil, le contremaître a remarqué que Fredo n’avait pas la carrure adéquate pour ce métier physique. C’est un retour à la case départ mais également un signe du destin. C’est son papa Peppino qui l’encouragera ensuite à continuer la musique. Avec le succès qu’on lui connait aujourd’hui.

7. Son premier cachet pour sa maman

En 1962, Fredo n’a que 12 ans quand il perçoit son premier cachet de chanteur. Il chante au réveillon du nouvel an avec son groupe Les Eperviers. Fier de pouvoir aider sa famille alors que son père vient d’arrêter de travailler à la mine, il ira cacher sa première solde dans l’armoire de sa maman qui la découvrira le lendemain en préparant le petit-déjeuner.

8. « O Sole Mio » devant les mineurs

Chaque soir après son travail à la mine, Peppino s’arrête boire un verre avec ses amis mineurs au café à Tilleur. Quand son père ne rentre pas assez vite pour le repas du soir, la mama Nina envoi le petit Francesco chercher son père au café. C’est là, debout sur une table, que Fredo chantera pour la première fois devant un public la chanson « O Sole Mio ».

9. DJ dans le Carré

Dans ses moments de doute, Fredo a pensé à changer de voie. Pour faire vivre sa famille, il a même été… DJ dans le Carré ! Fredo assurait les nuits dans un club privé où il passait les disques. Jusqu’au jour où Constant Defourny fut mis au courant. « C’est quoi ce bazar ? Tu passes des disques dans une boîte à Liège ? » C’était la fin de sa carrière de DJ.

10. Une tournée avortée en duo avec Dalida

Par l’intermédiaire de l’habilleuse de Dalida, Frédéric François va se lier d’amitié avec cette dernière. Le 2 mai 1987, quelques semaines après le décès de son père Peppino, Fredo est à Paris avec son attachée de presse et évoque une tournée en duo avec Dalida. Les deux stars ont convenu de partager la scène ensemble. Et cette tournée pourrait même déboucher sur un titre en duo. Ce projet tient fortement à cœur de Frédéric François mais ne verra jamais le jour. Le lendemain, Fredo est à table en famille chez sa maman quand le téléphone sonne. Dalida a été retrouvée sans vie dans son appartement de Montmartre. De cette collaboration avortée est demeurée Michaëlle, sa parolière.

Commentaires

Bonjour,
Très bel article !
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Écrit par : Renaissance du Livre | 26/05/2016

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