JNC compile ses plus beaux graffitis

Ils sont partout autour de nous, mais on ne prend pas toujours la peine de les regarder. Longtemps décriés, les graffitis ont peu à peu acquis leurs lettres de noblesse. Ils sont aujourd’hui considérés comme des œuvres d’art à part entière. A Liège, on en doit beaucoup à JNC, un collectif de graffeurs qui publie aujourd’hui une rétrospective de son parcours sous la forme d’un livre. En 25 ans d’existence, ils ont sillonné la  ville pour y apporter leur touche personnelle.

A l’origine, il y avait Jaba et Nere 5, deux liégeois unis par leur amour du graffiti. Ils forment en 1991 le collectif JNC, pour Jaba Nere Crew. Très rapidement, de nombreux autres graffeurs les rejoignent et donnent de l’ampleur au mouvement. En un quart de Siècle, ces pionniers ont su placer Liège parmi les villes qui comptent dans le monde du street art.

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« JNC est né au Thier-à-Liège », se souvient Pierre Etienne, qui a rejoint le collectif en tant que membre du groupe de rap Starflam. « Nous sommes d'ailleurs très reconnaissants envers Etienne Droussin, le coordinateur de la Maison des Jeunes. Il a été le premier à comprendre que le graffiti n’était pas que du vandalisme, mais aussi une forme d’art. Grâce à lui, de nombreux jeunes du quartier ont pu s’exercer en toute légalité, en réalisant leurs premières fresques. »

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Des rues de Liège aux studios de Georges Lucas

Ces débuts dans la discipline ont permis à certain d’aller très loin. Didier Mathieu alias Jaba travaille par exemple depuis de longues années pour ILM, la société d’effets spéciaux créée par Georges Lucas. On retrouve son nom au générique de superproductions hollywoodiennes telles que Transformers, Star Trek, Iron Man ou encore Indiana Jones. Son acolyte Antoine Michel aka Nere 5 a quant à lui fait partie du groupe de rock belge Ghinzu. D’autres encore ont pu exposer leurs œuvres dans des galeries d’art contemporain. « Au fil de son histoire, le collectif s’est ouvert à de nombreuses disciplines », précise Pierre Etienne. « Du graf’ bien entendu, mais aussi de la danse, de la musique ou encore du DJing. JNC accueille en permanence de nouveaux membres, on en compte aujourd’hui une soixantaine venus du monde entier. C’est cette diversité et cette émulation que nous avons voulu célébrer dans le livre. On y retrouve même la photo d’un membre qui a posé dans sa tenue de cuisinier, la profession dans laquelle il exerce sa créativité aujourd’hui. »

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Outre la découverte d’un groupe d’amis et de leurs œuvres plus ou moins légales, cette rétrospective permet de se replonger dans une époque, celle du Liège des années ’90 et 2000. L’occasion de voir à quel point la ville a changé en 25 ans, tantôt pour le meilleur et tantôt pour le pire. Qu’on l’apprécie ou non, l’art urbain y a aujourd’hui laissé une trace indélébile. Comme le prétend Jaba : « Une ville sans graffiti est une ville sans âme ».

G.S.

 > « JNCKingz 25th Anniversary », disponible à partir du 24 novembre.
 > Soirée d’inauguration le 24 novembre chez Ghetto Blaster (rue de la cathédrale 46 à 4000 Liège).

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