En répèt’ avec Cocaine Piss : « La Belgique est toute petite, mais l’univers est infini »

Le groupe le plus cool du monde habite à Liège, nous l’avons rencontré. En cinq ans d’existence, Cocaine Piss s’est déjà produit aux quatre coins de l’Europe et a enregistré un album avec Steve Albini, l’ancien producteur de Nirvana, de Pixies et de PJ Harvey. Une expérience que s’apprêtent à renouveler Aurélie (chant), Yannick (batterie), Mathias (guitare) et Farida, la nouvelle bassiste venue remplacer Julien depuis le mois de février. Ils nous ont reçus au Studio 5 de Chênée, où ils préparent leur nouvel opus à l’abri des regards.

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A quelle fréquence répétez-vous?

« On vient ici environ deux fois par semaine. On arrête parfois au bout de deux heures mais il arrive aussi qu’on y passe toute l’après-midi, en fonction du feeling. Pour l’instant on a moins de concerts que d’habitude, il n’y en a qu’un de prévu au mois d’avril. On en profite pour répéter les nouveaux morceaux, qu’on ira enregistrer à Chicago en septembre. On trouve aussi de très bons studios en Belgique mais on aime l’idée de s’enfermer dans une bulle pendant quelques jours. On dort sur place et on joue du matin au soir, jusqu’à ce que le disque soit bouclé. Je crois que ce sont les moments de l’année où nous sommes les plus sérieux. On garde toute notre énergie pour la musique, on se couche tôt et on ne fait pas du tout la fête. »

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Vous vous produisez très souvent à l’étranger. Ça marche mieux pour vous là-bas qu’en Belgique ?

« Le fait de jouer du punk conditionne un peu tout le reste. C’est un style de musique qui n’est pas très populaire, on est bien conscients qu’on ne passera jamais sur les grandes chaînes de radio. Du coup, on est obligés de voyager beaucoup pour rencontrer notre public. On ne joue pas dans de grandes salles mais partout où on va, il y a du monde pour venir nous voir. Pour un groupe comme le nôtre, ça n’aurait aucun sens de tourner uniquement à l’intérieur des frontières. La Belgique est toute petite, mais l’univers est infini ! »

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Du coup, vous passez énormément de temps sur les routes. Comment se passe la vie en tournée ?

« C’est clairement un des aspects qui nous plaît le plus. Généralement, on essaye de programmer une série de 15 ou 20 dates où on joue tous les soirs. On emprunte alors le van de nos amis de Dan San et on voyage de pays en pays. On a établi une règle : le chauffeur peut choisir la musique. Après tout, c’est le seul qui n’a pas le droit de s’endormir. Ça nous permet d’écouter de tout, du punk au hip hop en passant par du rock psychédélique. Avec Farida à bord, on va même avoir droit à du free jazz. C’est son style de prédilection. »

G.S.

 > Cocaïne Piss sera en concert le 01/05 au Roots & Roses Festival à Lessines et le 03/05 au Botanique à Bruxelles.
 > Infos et morceaux en écoute sur cocainepiss.bandcamp.com

CocainePiss-45.jpgDes agneaux plutôt que des loups

 Dans l’imaginaire collectif, un punk est un personnage violent, indomptable ou même carrément repoussant. Avec Cocaine Piss, vous pouvez ranger tous ces vieux clichés au placard. Si le quatuor a pour habitude de pousser le volume à fond en concert comme en répèt’, il n’en reste pas moins composé de jeunes gens souriants, plutôt affables et profondément gentils. Il faut les voir se lancer des regards complices ou envoyer des petits messages d’encouragements à Farida, la nouvelle bassiste qui intègre peu à peu le répertoire du groupe. Ces quatre-là ne sont pas des loups assoiffés de sang, mais de doux agneaux qui font tout pour que vous vous sentiez à l’aise en leur compagnie. En interview, ils se montrent même bienveillants envers des artistes comme Dan San et Angèle, qui pratiquent pourtant des styles musicaux beaucoup moins radicaux. Et si les punks étaient les nouveaux hippies ?

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Crédit photos : Thomas Vanass

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