Robert Hossein : « J'ai envie de créer un spectacle à Liège »

B9715559542Z.1_20180429205911_000+GRKB6JS5M.2-0.jpgAprès Alain Delon en 2017, c’est Robert Hossein qui était l’invité d’honneur de ce 12e Festival International du Film Policier de Liège. Mis à l’honneur lors d’une soirée de gala qui affichait complet vendredi dernier au Kinepolis de Liège, nous avons pu rencontrer Robert Hossein (90 ans) en toute intimité le lendemain matin. Une rencontre avec l’un des derniers monstres sacrés du cinéma et du théâtre français.

Quel sentiment gardez-vous de cette soirée ?

Ce fut très émouvant. J’ai été très touché. Avec une certaine nostalgie, cela m’a rappelé des souvenirs. Lorsque que j’étais directeur à la Maison de la culture de Reims, je me rendais souvent à Liège. Et Liège se rendait souvent à nous. C’est la maman de Philippe et Alain Soreil qui organisait les cars. Et puis, je connais très bien Liège. J’y ai joué. Liège, c’est aussi Simenon. Dès que l’on montait un spectacle, on essayait de venir le jouer à Liège. Ça me donne envie de créer un spectacle à Liège.

Avez-vous un projet concret ?

Cela fait deux ans que je travaille sur mon prochain spectacle. Je souhaite que ce soit le dernier. Car il s’adresse à tout le monde. Mon objectif est de réconcilier toutes les races et toutes les religions à travers ce spectacle. Je souhaite réaliser quelque chose d’hallucinant sur ce thème universel.

Que vous manque-t-il aujourd’hui ?

Sans conteste, le budget. Je suis à la recherche de fonds. C’est devenu le nerf de la guerre. C’est un double projet, au cinéma et au théâtre. Et pour une fois, je serai présent sur scène au théâtre. Je compte bien y jouer. Il ne me manque que le financement pour aboutir.

Êtes-vous un homme de projets ?

Je me connais mal. Disons que j’ai toujours eu des idées et des projets en tête. J’essayais surtout d’entraîner des gens autour de moi. Aujourd’hui, j’ai envie de redonner de l’espoir avec cette notion de partage.

Est-ce devenu plus compliqué aujourd’hui ?

Les grands producteurs ne sont plus de ce monde, hélas. Il faut avoir les moyens financiers pour monter un projet. Pas pour soi, mais pour le public.

Êtes-vous attentif aux nouvelles technologies dans l’art de la scène ?

Bien entendu ! Je veux travailler avec l’image, et je veux pouvoir tout mélanger.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Je ne m’extasie par sur moi. Il faut être plein d’humilité. Il faut faire les choses sérieusement, mais ne surtout pas se prendre au sérieux. Cela m’évoque juste de merveilleux souvenirs. La nostalgie d’un temps passé.

Quel souvenir vous revient ?

Il y en a tellement. Mais celui qui va revenir prochainement est certainement le film « Point de chute » que j’ai tourné en 1970 avec Johnny Hallyday et qui a été projeté vendredi soir au Kinepolis.

Qui revoyez-vous encore ?

Beaucoup de gens qui m’ont aidé ne sont plus là. Dans ceux qui restent, Jean-Paul Belmondo fait partie de mes meilleurs amis. Nous venons encore de fêter ensemble son anniversaire. Il est formidable, j’ai beaucoup d’estime pour lui. Nous avons souvent joué ensemble au théâtre.

Vous demeurez un homme de foi ?

Plus que jamais. La foi sera d’ailleurs le thème de mon prochain et dernier spectacle. Le slogan sera : « Que vous soyez croyants ou non, vous ne serez plus jamais les même en sortant ! » Propos recueillis par VINCENT ARENA

Photo: Sophie Kip (La Meuse)

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