hip hop

  • Portrait et interview avec Charles Schillings, le DJ liégeois qui enflamme les nuits parisiennes

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    Du haut de ses 50 ans, le DJ liégeois Charles Schillings est devenu l’une des références des nuits parisiennes. Originaire d’Herstal, le Liégeois porte désormais haut les couleurs de notre province à travers le monde. De ses débuts à Paris avec David Guetta, en passant par ses premières armes à La Chapelle à Liège, il revient avec nous sur son incroyable parcours.

    Désormais, Charles Schillings est synonyme de réussite et de haute qualité dans le cercle très fermé du microcosme nocturne parisien. DJ, mais également producteur, le Liégeois revient régulièrement voir sa famille qui est demeurée à Herstal. Le lieu qui l’a vu grandir. « Je suis né au Congo. Mais c’est à Herstal que j’ai vécu la première partie de ma vie. J’y ai passé 25 ans et toute ma famille y vit encore. » C’est adolescent, durant ses études à Sainte-Marie qu’il se passionne pour la musique. « J’avais une petite sono mobile. Mais j’ai dû attendre mes 18 ans et l’accord de mes parents pour entrer à La Chapelle. » Célèbre discothèque des années 80 et 90 au centre-ville de Liège, ce lieu mythique était et demeure la référence des puristes. « C’est mon ami Bernard Dobbeleer qui m’a initié au métier. J’étais jeune, insouciant mais surtout très impressionné. Ce lieu éclectique musicalement et culturellement a été un très bon écolage et m’influence encore aujourd’hui dans mes sélections et mes sets. »

    Mais c’est en 1993, quand il débarque à Paris, que sa carrière prend une autre dimension. « J’étais en couple avec Aurore Daerden avec qui j’ai vécu une relation durant onze ans. Elle était alors une jeune styliste et nous avions quelques facilités avec son appartement à Paris. Nous avons décidé de nous y établir ensemble. J’y suis reparti de zéro. Mais j’avais sur mon CV une référence qui parlait aux Parisiens : le Café d’Anvers. » Ses débuts, il les doit à David Guetta qu’il rencontre à son arrivée à Paris. « Il était déjà DJ depuis quelques années, mais il était avant tout directeur artistique et organisateur de soirées avec sa compagne. David s’occupait du Queen et venait d’arriver au Bataclan. Un DJ belge a été annulé à minuit et j’ai été appelé à le remplacer en dernière minute. J’ai effectué mes premiers pas parisiens et débuté quelques résidences dans la ville lumière aux Folies Pigalle, puis au Queen. » Très vite, Charles Schillings impose son style qui plait aux jeunes branchés. Il se fait remarquer et devient alors dans les années 2000 le DJ de grandes marques et de prestigieuses enseignes comme Versace, Armani, H&M, Coca Cola ou encore Karl Lagerfeld avec qui il collabore depuis 1995. « J’ai eu la chance de me produire un peu partout dans le monde. J’ai joué à l’anniversaire de Dita Von Teese ou encore pour les Beckham lors d’un nouvel an aux Maldives. »

    Mais Charles Schillings n’a jamais renié pour autant ses origines liégeoises. « Même si on m’identifie souvent à la France lors de mes prestations à l’étranger, je n’hésite pas à dire que je suis Belge. J’en suis fier. J’aime Liège et la Wallonie. » VINCENT ARENA

    Son parcours

    De La Chapelle au Queen

    Charles Schillings.jpgCharles Schillings a débuté sa carrière à Liège à La Chapelle mais aussi au Premier, le club situé au premier étage de feu l’Aquarelle dans le Carré. Il a été résident dans ces deux clubs pendant six ans, de 1985 à 1991. « J’aimais les différents courants musicaux qu’on y trouvait. Aujourd’hui, je me considère comme un DJ multi-spécialiste. Mes sets vont de la house à l’électro, en passant par la deep house, mais aussi le rock et le hip hop. Et toutes ces influences, je les dois à mes années à La Chapelle. »

    Une fois à Paris, c’est au Queen qu’il élit résidence pendant six longues années. « Je me suis ensuite produit aux Bains Douches, au Palace, au REX et aux Folies Pigalle. » A 50 ans, Charles Schillings a décidé d’en finir avec les résidences dans les boîtes. « Si je tournais quatre à cinq soirées par semaine à l’époque, aujourd’hui je me contente de deux à trois soirées par mois sur des évènements à l’étranger. Il est temps de laisser la place aux jeunes. Ils viennent souvent me trouver en soirée pour me remettre le bonjour… de leurs parents. »

    Producteur aguerri, on lui doit les compilations « Hotel Costes ». Il éditera en tout quinze volumes sous son label Pschent pendant 17 ans. Des compilations vendues à travers le monde. Aujourd’hui, c’est dans ses studios de Paris et d’Aix-en-Provence qu’il passe le plus clair de son temps. « Je viens de sortir en juillet dernier The Modern Symphonic Album avec Laurent Couson. Je travaille en ce moment sur un nouvel album italo-disco pour Universal. » V.A.

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