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  • Pop-rock : pourquoi les groupes liégeois préfèrent l’anglais à leur langue maternelle ?

    Sophie Galet5 (c) Pascal Schyns - SOFAM.jpgLe rock en français n’a plus la cote. A Liège comme ailleurs, la majorité des groupes préfèrent aujourd’hui s’exprimer en anglais. Un choix lié aux influences anglo-saxonnes de la plupart d’entre eux, mais aussi à l’avènement d’Internet. A l’heure où Facebook et YouTube permettent de se faire connaître aussi vite de l’autre côté de la planète que dans votre quartier, mieux vaut chanter dans une langue pratiquée partout dans le monde.

    En cité ardente, quelques résistants s’acharnent malgré tout à encore pondre des textes en français. Ils se nomment notamment Sacha Toorop, Les Olives Noires, Sophie Galet ou Dalton Télégramme. A l’exception notable d’Eté 67 et d’Atomique DeLuxe, tous seront réunis ce dimanche au Fiacre, pour un cabaret géant organisé dans le cadre de la Fête de la Musique. « Le concert servira de prélude à un évènement plus important qui aura lieu l’année prochaine », confie David Ricci, chanteur de Moladji et initiateur du projet. « Je n’ai évidemment rien contre les groupes qui chantent en anglais, mais je constate que nous sommes de moins en moins nombreux à nous exprimer dans notre langue maternelle. Les textes en français deviennent peu à peu l’apanage de la variété et du hip hop. Je voulais donc mettre en valeur tous ceux qui font du folk, du rock ou de la pop dans la langue de Voltaire.  »

    A ce titre, le cas de Sophie Galet (crédit photo : Pascal Schyns – SOFAM) est tout à fait particulier. Après un premier album en anglais, la chanteuse liégeoise a publié l’an dernier « Stella Polaris », un deuxième essai mettant le français à l’honneur. « J’ai vécu quelques années en Angleterre », précise la jolie rouquine. « Les morceaux de mon premier album ont été composés à cette époque et naturellement, je m’y exprimais en anglais. Quand je suis revenue à Liège, j’ai eu envie de revenir à la langue qui y est pratiquée. Ce n’était pas calculé, mais j’ai pu constater qu’il y avait un réel intérêt pour la pop en français au niveau du public et des médias. En concert, les gens réagissent davantage quand ils comprennent les paroles. Je ne comprends donc pas pourquoi nous sommes si peu à préférer notre langue maternelle. » Une lueur d’espoir existe donc bel et bien pour tous ceux qui apprécient la chanson française de qualité. Ceux-là se retrouveront à coup sûr ce dimanche sur la place Saint-Denis.

     > Une certaine fièvre française, le 24/06 dès 16h au Fiacre (entrée gratuite).