Théâtre

  • Au revoir Vincent... La voix de Gus Bolin s'est éteinte

    Vincent Bleus 2.jpgAprès un combat de trois longues années contre la maladie, Vincent Bleus est décédé hier à 53 ans. Plus connu des Liégeois sous le pseudonyme de Gus Bolin, il était la voix des premières années et des premiers tubes des Gauff au suc’. Membre fondateur du célèbre groupe liégeois, Vincent avait quitté ses partenaires en 2004 pour suivre une autre voie. Hier, la sienne s’est éteinte.

    C’est la grande famille des musiciens liégeois qui est en deuil. Vincent Bleus était un artiste atypique et talentueux. En 1993, il fonde avec ses compères un groupe qui allait intégrer à part entière le patrimoine folklorique made in Liège.

    Patrick Alen: "C'était mon ami"

    « Avant d’être le trublion et la voix des Gauff au suc’, c’était surtout mon ami », nous confiait Patrick Alen, alias Francis Joskin, depuis l’Espagne où il passe ses vacances. « Nous nous sommes rencontrés en 1982. Pendant plus de 20 ans, nous ne nous sommes pas quitté un seul jour. » Mais en 2004, Vincent Bleus décide de quitter l’aventure et le groupe. « Il a choisi une autre voie, la sienne », continue Patrick Alen. « Mais nous sommes restés amis. Je garde de lui des délires sur scène, des fous rires et des souvenirs impérissables. Il est parti en paix, c’est le principal. »

    Paul Kaba: "Une plume unique"

    Autre membre du groupe lui aussi en vacances dans le sud de la France, Paul Kaba, alias Pol Boubiet, se souvenait lui aussi. « J’ai rejoint le groupe en 1994, un an après sa création. Quand il a choisi de quitter le groupe en 2004, il y a eu quelques tensions qui ont été vite oubliées. Il venait même parfois nous voir en concert. Je me souviens d’un garçon assez discret qui a très vite trouvé sa place comme chanteur et leader du groupe. Mais je retiens surtout sa plume qui était unique. Les premiers textes et les premiers tubes, c’est lui. Sur Banneux ou Helle, c’est sa voix que vous entendez. Je me souviens d’un titre en particulier. Mémé était le morceau caché sur notre disque d’or Ze Live du mon dentier. C’est un morceau en piano voix où je me retrouvais seul sur scène à ses côtés. Il arrivait toujours à me surprendre. Il tournait la mort en dérision avec son humour noir bien à lui. Avec Patrick, nous lui avons rendu visite il y a un mois. Il savait qu’il n’allait pas bien. Mais il en riait encore. »

    Aussi au théâtre

    Vincent Bleus a également écrit la pièce de théâtre à succès « La rencontre infernale » qui a été jouée à de nombreuses reprises par Patrick Alen puis Renaud Rutten. En perdant leur « Gus », les Gauff ont perdu leur « Suc » en 2004. Aujourd’hui, c’est un ami qui s’en va. VINCENT ARENA

  • Renaud Rutten et Jean-Marie Bigard ensemble au Forum de Liège

    Sans titre.pngVous en rêviez ? Ils l’ont fait ! Renaud Rutten et Jean-Marie Bigard, certainement les deux meilleurs conteurs de blagues francophones se retrouveront ensemble sur la même scène et pour la première fois le dimanche 30 septembre au Forum de Liège dans leur nouveau spectacle commun intitulé « Cul et Chemise ».

    « C’est l’histoire d’un Belge et d’un Français qui sont dans un bar… ». Jusque-là, rien de bien original. Sauf s’il s’agit de Renaud Rutten et de Jean-Marie Bigard ! Pour la première fois, les deux humoristes monteront ensemble sur scène. Une date pour l’instant unique qui devrait afficher complet très rapidement. D’autres dates pourraient suivre par la suite. « Ce sera un spectacle rempli de poésie, de finesse et de légèreté (sic) », nous annonce Renaud Rutten. « Oui, parce que pour nous, franchement, la vulgarité ça nous casse les couilles (re-sic) ! », enchaîne Jean-Marie Bigard. Bref, le ton est donné.

    Notons encore que les deux compères seront sur la scène du café-théâtre le Comédie en Île à Liège les 10 et 11 juin prochains. Deux dates plus intimistes qui affichent archi complet. « Ce sera une sorte de show case devant un public de privilégiés dans un format plus intimiste. » Pour ces deux dates qui serviront de répétitions devant un vrai public, inutile de chercher des places, il n’en reste plus une seule. « Nous avons une énorme liste d’attente. » Pas de panique, les places pour la date au Forum de Liège (de 35 à 42€) sont disponibles dès à présent sur le site www.leforum.be ou en formant le 04/223.18.18. VINCENT ARENA

  • Robert Hossein : « J'ai envie de créer un spectacle à Liège »

    B9715559542Z.1_20180429205911_000+GRKB6JS5M.2-0.jpgAprès Alain Delon en 2017, c’est Robert Hossein qui était l’invité d’honneur de ce 12e Festival International du Film Policier de Liège. Mis à l’honneur lors d’une soirée de gala qui affichait complet vendredi dernier au Kinepolis de Liège, nous avons pu rencontrer Robert Hossein (90 ans) en toute intimité le lendemain matin. Une rencontre avec l’un des derniers monstres sacrés du cinéma et du théâtre français.

    Quel sentiment gardez-vous de cette soirée ?

    Ce fut très émouvant. J’ai été très touché. Avec une certaine nostalgie, cela m’a rappelé des souvenirs. Lorsque que j’étais directeur à la Maison de la culture de Reims, je me rendais souvent à Liège. Et Liège se rendait souvent à nous. C’est la maman de Philippe et Alain Soreil qui organisait les cars. Et puis, je connais très bien Liège. J’y ai joué. Liège, c’est aussi Simenon. Dès que l’on montait un spectacle, on essayait de venir le jouer à Liège. Ça me donne envie de créer un spectacle à Liège.

    Avez-vous un projet concret ?

    Cela fait deux ans que je travaille sur mon prochain spectacle. Je souhaite que ce soit le dernier. Car il s’adresse à tout le monde. Mon objectif est de réconcilier toutes les races et toutes les religions à travers ce spectacle. Je souhaite réaliser quelque chose d’hallucinant sur ce thème universel.

    Que vous manque-t-il aujourd’hui ?

    Sans conteste, le budget. Je suis à la recherche de fonds. C’est devenu le nerf de la guerre. C’est un double projet, au cinéma et au théâtre. Et pour une fois, je serai présent sur scène au théâtre. Je compte bien y jouer. Il ne me manque que le financement pour aboutir.

    Êtes-vous un homme de projets ?

    Je me connais mal. Disons que j’ai toujours eu des idées et des projets en tête. J’essayais surtout d’entraîner des gens autour de moi. Aujourd’hui, j’ai envie de redonner de l’espoir avec cette notion de partage.

    Est-ce devenu plus compliqué aujourd’hui ?

    Les grands producteurs ne sont plus de ce monde, hélas. Il faut avoir les moyens financiers pour monter un projet. Pas pour soi, mais pour le public.

    Êtes-vous attentif aux nouvelles technologies dans l’art de la scène ?

    Bien entendu ! Je veux travailler avec l’image, et je veux pouvoir tout mélanger.

    Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

    Je ne m’extasie par sur moi. Il faut être plein d’humilité. Il faut faire les choses sérieusement, mais ne surtout pas se prendre au sérieux. Cela m’évoque juste de merveilleux souvenirs. La nostalgie d’un temps passé.

    Quel souvenir vous revient ?

    Il y en a tellement. Mais celui qui va revenir prochainement est certainement le film « Point de chute » que j’ai tourné en 1970 avec Johnny Hallyday et qui a été projeté vendredi soir au Kinepolis.

    Qui revoyez-vous encore ?

    Beaucoup de gens qui m’ont aidé ne sont plus là. Dans ceux qui restent, Jean-Paul Belmondo fait partie de mes meilleurs amis. Nous venons encore de fêter ensemble son anniversaire. Il est formidable, j’ai beaucoup d’estime pour lui. Nous avons souvent joué ensemble au théâtre.

    Vous demeurez un homme de foi ?

    Plus que jamais. La foi sera d’ailleurs le thème de mon prochain et dernier spectacle. Le slogan sera : « Que vous soyez croyants ou non, vous ne serez plus jamais les même en sortant ! » Propos recueillis par VINCENT ARENA

    Photo: Sophie Kip (La Meuse)