Interview: Thierry Lhermitte et Gérard Jugnot réunis à Liège

Vous avez reçu un prix pour votre carrière, une première ?

T.L : Ce n’est pas habituel. Ce n’est que la seconde fois qu’un festival me fait cet honneur. Michel Serrault disait que ça sentait le sapin quand c’était fait de son vivant. Je ne viens que très rarement sur des festivals. Faute de temps. Ici, l’occasion s’est bien présentée.

 

 

Vous connaissez bien notre ville ?

T.L : J’y suis venu à de très nombreuses reprises. Pour des tournages au cinéma, mais également sur scène au théâtre.

 

 

Clovis Cornillac a souligné l’esprit festif des Liégeois, vous confirmez ?

T.L : Que ce soit à Bruxelles ou à Liège, comme à Lille, il y a une vraie chaleur humaine dans le nord. C’est toujours très agréable de venir chez vous.

Un mot sur Gérard Jugnot ?

T.L : Je vous assure que je n’étais pas du tout au courant ! C’était une vraie surprise. Nous nous sommes encore parlé il y a quelques jours au téléphone. Quand j’ai évoqué le fait que nous devions manger ensemble, il m’a dit qu’on devrait trouver une date.

G.J : Moi, je suis venu à Liège inaugurer ma tombe. Il y avait une dalle dans la rue avec mon nom dessus et l’année 2019. Je ne dois pas tarder, l’année est bientôt finie.

 

 

Après autant d’années, arrive-t-il encore à vous surprendre ?

T.L : Oh non, du tout, il m’ennuie énormément. Au début, quand j’ai vu l’humoriste arriver (NDLR : Martin Charlier), j’ai cru que c’était Michel Blanc !

G.J : Il faut l’excuser, c’est une personne âgée. Je pense qu’il ne m’a pas encore reconnu.

Avez-vous encore l’occasion de vous retrouver ensemble ?

T.L : Pas assez souvent. Mais on ne rate jamais l’occasion d’avoir un repas gratuit !

Vous fêtez les 40 ans des « Bronzés font du ski », quel regard portez-vous sur cette période ?

T.L : C’est tout simplement incroyable. C’est un peu comme si nous, à l’époque du film, nous avions été fans d’un film sorti 40 ans plus tôt.

 

 

Imaginiez-vous à l’époque une telle aventure ?

G.J : Moi, j’en étais conscient. J’ai carrément eu une vision (rire). Plus sérieusement, c’est absolument magique et extraordinaire qu’après autant d’années les gens se souviennent encore de nous de cette manière.

T.L : Ce qui est bien, c’est que nous ne sommes pas encore trop gâteux et que nous avons la chance d’être encore là.

Alors, l’éternelle question inévitable : allez-vous tous vous retrouver au cinéma ?

T.L : Si quelqu’un en prenait l’initiative à notre place, la réponse est oui ! Malheureusement, nous n’avons pas le temps de tous nous remettre à l’écriture d’un scénario. C’est très long. Il faut un an d’écriture pour un tel projet.

G.J : Et puis, il faut trouver un thème, une histoire. Un thème que nous n’avons pas encore abordé. Ce n’est pas évident.

 

 

La nouvelle génération pourrait-elle y arriver ?

T.L : Oui, bien évidemment, nous en serions ravis.

G.J : J’ai tourné pour Philippe Lacheau (NDLR : « Baby-Sitting ») qui m’a encore appelé récemment. Mais ils ne vont pas prendre des vieux. Ils ont leur propre bande, comme nous l’avions à l’époque. C’est normal. Quand nous écrivions nos histoires, les producteurs voulaient que ce soit des acteurs comme Serrault ou Blier qui jouent les rôles. Nous avons refusé.

L’appel est donc lancé ?

T.L : Peu importe si cela vient de la nouvelle génération ou pas. Si le projet vient de quelqu’un d’autre et qu’il prend l’initiative d’écrire pour six personnes, que ça plaît à tout le monde, pourquoi pas.

G.J. : Mais ce n’est pas si simple. Car il faut satisfaire tout le monde. C’est notre dénominateur commun. Mais j’en serais le premier ravi.

Propos recueillis par Vincent ARENA.

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