En répèt’ avec François Bijou : « J’ignorais complètement que j’avais ça en moi »

Pour rencontre François Bijou, il faut passer par François Maquet. L’ancien chanteur d’Orfeo a créé ce drôle de personnage il y a un an et demi, à l’aide du musicien liégeois Olivier Cox. Sorte de fils caché de Philippe Katerine et Sandra Kim, François Bijou est un petit concentré de glamour, de kitsch et d’auto-dérision. Toujours sur le fil entre le premier et le trente-sixième degré, sans qu’on ne sache jamais s’il fait le zouave ou s’il en fait juste des tonnes. Habile. Jouissif, aussi. Nous l’avons croisé au Studio 5 de Chênée, où il préparait son prochain concert avec ses musiciens.

Surprise, quand on ouvre la porte de ce local de répèt’ exigu. Ce n’est pas François Bijou qui nous accueille mais son alter ego dans la vraie vie, François Maquet. A vrai dire, on est un peu déçu. On aurait aimé, nous, voir des costumes à paillettes et des lâchers de colombes ! Mais autant l’avouer : nous sommes aussi les premiers responsables. En lui demandant de nous recevoir exactement comme il a l’habitude d’être en répétition, on ne pouvait pas s’attendre à le retrouver vêtu d’une robe de mariée de chez Fissette, comme lors d’un de ses premiers concerts en cité ardente.

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Quand Maquet devient Bijou

Accompagné de Sarah (cœurs), Nicolas (basse), Olivier (batterie), Quentin (claviers) et Raphaël (guitare), François nous met rapidement à l’aise. Le gaillard a le rire facile et le sens de la formule. « On vous joue quand-même un petit morceau ? », plaisante-t-il après quelques minutes de discussion à bâtons rompus. Et comment, c’est pour ça qu’on est venus.

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Dès les premières notes, la magie opère. Sous nos yeux, Maquet se transforme en Bijou, avec son déhanché ravageur et sa gestuelle flamboyante. Oubliez les paillettes, les tenues improbables et le maquillage discret. Ce qui fait François Bijou, c’est le jeune de scène du bonhomme et son sens de l’interprétation. Retour direct dans les émissions de variété de notre enfance, entre « Champs-Elysées » et « 10 qu’on aime ». Mouvements outranciers, poses héroïques et pas de danse chaloupés : c’est du Bijou pur jus.

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Un coach scénique pour la gestuelle, une relookeuse pour la garde-robe

 « Au départ, j’avais simplement composé quelques morceaux folk/pop en français », confie-t-il. « Je les ai présentés à Olivier, qui est notre batteur mais aussi un excellent producteur. C’est lui qui a eu l’idée d’ajouter un côté farfelu aux chansons. J’ai ensuite travaillé mon jeu de scène avec un coach scénique puis trouvé des tenues grâce à une relookeuse. De fil en aiguille, François Bijou est né, alors que j’ignorais complètement que je l’avais en moi. »

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Les morceaux s’enchaînent, les idées fusent et les sourires complices ne manquent pas. François fait participer un public imaginaire et nous dévoile « Avec / Sans », une nouvelle composition qui rappelle le « Louxor J'Adore » de Philippe Katerine. Chaque musicien a un micro devant lui, ce qui donne à la fois du rythme et de l’ampleur aux morceaux. « J’ai toujours voulu jouer dans un groupe où tout le monde chante », révèle François. « Quand les musiciens ont avancé l’idée lors de la première répétition, j’étais aux anges. Sur scène, ça donne une dimension supplémentaire. Chacun s’implique davantage et participe pleinement au spectacle. »
Pour assurer le show, aucun doute, on peut compter sur eux.
 
G.S.

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Chanteur poilant, artiste sérieux

On peut être un chanteur fantasque mais prendre sa musique au sérieux. Derrière le drôle de personnage de François Bijou se cache un artiste minutieux qui règle tout dans les moindres détails. Un exemple ? François Maquet compose et enregistre tous ses morceaux avec son producteur Olivier Cox, avant de les envoyer à ses musiciens pour qu’ils les répètent dans leur coin. Le groupe ne se réunit au complet que de temps en temps, pour peaufiner le prochain concert. Ce sera notamment le cas pendant ce mois de décembre, qui les verra entrer en résidence au Centre culturel de Chênée pour préparer la saison à venir. Plus fort encore : François a été jusqu’à prévoir un remplaçant pour chacun de ses musiciens, histoire de ne pas devoir refuser un concert au cas où l’un ou l’autre serait absent. En foot, on appelle ça doubler les postes. Et c’est la marque de fabrique des équipes à succès.
 
G.S.

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Photos : Thomas Van Ass

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