La belle histoire de Mangrove, la nouvelle sensation liégeoise

Un groupe commence toujours par une rencontre. Mais certaines sont plus inhabituelles que d’autres. Si de nombreux projets musicaux sont nés sur les bancs de l’école ou après une discussion en soirée, Mangrove est le fruit d’une histoire beaucoup plus surprenante. Récit des premiers pas de la nouvelle sensation groove-rock liégeoise, dont le premier EP vient tout juste de sortir.

« J’écris des chansons dans mon coin depuis de longues années », explique Mathieu Labaye, claviériste et compositeur au sein de la bande. « Un jour, j’ai eu envie de les enregistrer et j’ai contacté quelques musiciens que je connaissais. De fil en aiguille, nous sommes passés à 4 puis à 6 membres, mais jamais dans l’idée de faire parler de nous. Ce n’est qu’après de longues années à jouer ensemble pour le plaisir qu’on s’est rendu compte du potentiel du groupe. »


Un chanteur repéré sur un chantier

Pourtant, le C.V. des musiciens avait de quoi forcer le respect. Mathieu Labaye avait en effet réuni autour de lui une véritable dream team avec le chanteur Gaëtan Streel, le batteur Antoine Michel (Ghinzu), le bassiste Michov Gillet (Superlux) et le guitariste Alexandre Falcone. Mais c’est une autre rencontre, complètement fortuite, qui fera office de déclic pour Mathieu.

« Antoine était occupé sur un chantier quand il a entendu un de ses collègues chanter en travaillant », confie-t-il. « Il s’agissait de Waraba, un rappeur mauritanien qui a fui son pays d’origine. En discutant avec lui, Antoine a appris qu’il avait connu un grand succès en Afrique du Nord, où il s’est même produit dans des stades. Il lui a donc proposé de nous rejoindre pour rapper sur nos morceaux. Dès la première répétition avec lui, nous nous sommes rendu compte que quelque chose de spécial se passait. »

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Cette histoire presque trop belle pour être vraie n’est pas la seule particularité de Mangrove. Avec son mélange improbable de rock, d’afrobeat et de groove, le sextet envoie des morceaux qui vous donnent instantanément des fourmis dans les jambes. Le tout servi avec la voix de velours de Gaëtan Streel et le flow imparable de Waraba, qui s’exprime en wolof. « Dans le groupe, personne ne comprend quoi que ce soit à ce qu’il raconte », sourit Mathieu Labaye. « Mais je trouve que ça sonne bien et que ça apporte une touche d’originalité aux morceaux. Nous lui avons bien sûr demandé de quoi parlent ses textes. Ils évoquent généralement sa fierté d’avoir su se sortir du pétrin, alors que lui et sa famille ont été obligés de quitter leurs racines. » Le gaillard a de quoi se sentir chanceux, en effet. Ce n’est pas tous les jours que des drames humains se terminent aussi bien.

G.S.

 > Mangrove + Pyjamarama, le 17 avril (20h30) au Kultura (8 euros).
 > https://soundcloud.com/m-a-n-g-r-o-v-e  

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