Clubbing et crise sanitaire: les discothèques rouvriront en dernier lieu

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Depuis le 14 mars, le secteur Horeca a fermé ses portes et subit de plein fouet la crise sanitaire. Au même titre que les restaurants, les bars ou les cafés, la situation des discothèques et des petits et moyens événements festifs n’a pas encore été évoquée par les autorités.

Mais voilà un secteur particulier où la distanciation sociale et les prochaines mesures sanitaires annoncées dans le secteur Horeca ne pourront pas être appliquées. Pourtant généralement intégré dans la même commission paritaire que les restaurants, bars et autres cafés, le bout du tunnel semble encore loin pour tous les acteurs du clubbing.

"J’essaye de rester serein et positif, mais nous savons pertinemment bien que nous serons les derniers à pouvoir rouvrir", analyse Joël Wellekens le patron du Royal Room à Rocourt. Une discothèque qui emploie entre 17 et 24 personnes suivant les soirées. "Je ne me sens pas particulièrement oublié dans cette crise. Mais les mesures sanitaires et de distanciation sociale sont totalement ingérables dans notre domaine. Nous faisons partie d’un secteur de masse où il est actuellement impossible de se prononcer quant à un éventuel retour. Reprendre notre activité en septembre serait déjà bien. Mais je n’envisage pas d’ouvrir tant que les conditions de sécurité ne seront pas optimales et garanties pour nos clients et notre personnel."

Des solutions alternatives

Organisateur d’événements clubbing récurrents et itinérants durant toute l’année (Beach Box, United Holi Colorz), Tony Vermiglio planche avec son équipe sur des solutions alternatives.

"Aucune décision ferme et définitive n’ayant été annoncée concernant les petits et moyens événements, nous avons travaillé sur différentes formules en extérieur comme en intérieur. Une charte de sécurité a même été rédigée."

Rappelons que tous les grands événements ont été annulés en Belgique jusqu’au 31 août prochain.

"Mais nos événements s’étalent sur trois semaines. La fréquentation par jour se situe en-dessous des 1.000 personnes. Nous employons une soixantaine de personnes en direct. Sans oublier les nombreux prestataires et les artistes. L’enjeu est donc de taille. S’il est prématuré de prendre des décisions fermes et définitives à l’heure actuelle, nous sommes dans l’attente du prochain conseil de sécurité."

 

Voici à quoi ressemblera la Beach Box de Coronmeuse..
La Beach Box à Coronmeuse.

Sans garantie que ce secteur soit évoqué par notre première ministre. "C’est pourquoi nous ne fermons la porte à aucune éventualité. Tout en conservant comme priorité la sécurité pour tous. Nous ne prendrons aucun risque."

Au clubbing et aux discothèques s’ajoute encore la situation du Carré à Liège où l’on imagine mal l’application et le respect des distanciations sociales dans les cafés et sur ses terrasses.

Serveur en discothèque, il s’est reconverti dans un Intermarché

Sans aucun revenu du jour au lendemain, de nombreux acteurs du clubbing et autres intermittents du monde de la nuit se sont retrouvés démunis à l’annonce de la fermeture des établissements.

Parmi eux, Zamorano Echevarria a dû se reconvertir dans un secteur qui œuvre en première ligne. « J’ai 33 ans et serveur était mon activité professionnelle principale », intervient cet habitant de Bressoux. Celui que ses amis et ses clients surnomment « Zamo » travaille depuis bientôt dix ans comme serveur dans l’événementiel. A l’Alhambra Club, comme lors de soirées itinérantes ou encore au Barocco à Vreren.

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"En 24 heures, je me suis retrouvé sans aucun revenu. Et sans aucune garantie ni perspective de reprise de mon activité. Je suis papa d’un petit garçon de sept ans. Ne bénéficiant d’aucune aide, ni du chômage ou du CPAS, il m’a fallu trouver rapidement une solution."

Et c’est dans la grande distribution qu’il a su rebondir. "Une semaine après le confinement, j’ai été engagé au Lidl à Ans, puis à Boncelles comme intérimaire. Depuis un mois et demi je travaille à l’Intermarché de Seraing. Je compte bien continuer dans cette voie et conjuguer mes deux activités le jour où les discothèques reviendront." VINCENT ARENA

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