Première sortie pour Flak Records, le label du patron des Ardentes

C’est l’histoire d’un coup de foudre artistique. Une rencontre tellement marquante qu’elle donne naissance à un nouveau départ. En janvier dernier, Jean-Christophe Renault invite Fabrice Lamproye au studio Dada à Bruxelles, où il enregistre son nouvel album. Aucun plan de carrière dans l’affaire, juste l’envie pour le musicien liégeois de partager ses nouvelles créations avec le patron des Ardentes. Très rapidement, les discussions s’orientent pourtant vers la création d’un label permettant à ces petits bijoux de voir le jour en vinyle. C’est désormais chose faite, avec la sortie d’un disque absolument ravissant tant dans la forme que dans le fond. Entretien croisé.

« Je peux vous assurer que je ne l’ai pas contacté pour qu’il me produise », sourit le pianiste au regard pétillant. « Ca faisait 10 ans que je n’avais plus rien enregistré en mon nom propre, j’étais juste curieux de savoir ce qu’il penserait de mes nouvelles compositions. Je connais Fabrice depuis très longtemps. Il m’a notamment invité à me produire à la Soundstation et au Mithra Jazz à Liège. Nous partageons aussi plusieurs passions communes comme le cinéma, les grands vins et les disques vinyles. »

Fabrice Lamproye et Jean-Christophe Renault1 (c) Thomas Van Ass.jpg

Une affaire de famille

Charmé par la beauté pure des nouvelles compositions du pianiste, Fabrice Lamproye décide donc de monter un label de toute pièce pour les produire. Il se nomme Flak Records, un clin d’œil à ses initiales et à celles d’Angela Kvasz, sa compagne depuis plus de trente ans. L’écurie est en effet une authentique affaire de famille. Leurs enfants se sont d’ailleurs chargés de la création du logo représentant un martin-pêcheur et de la ligne de vêtements disponibles sur le site du label.

Fabrice Lamproye et Jean-Christophe Renault5 (c) Thomas Van Ass.jpg

« Ça fait longtemps que j’ai envie de me relancer dans cette aventure », explique celui qui a déjà produit plusieurs albums sous la bannière Soundstation au tournant des années ’90 et 2000. « L’entrevue avec Jean-Christophe m’a servi de déclic. Cette première sortie en appelle bien sûr d’autres. J’ai d’ailleurs reçu quelques propositions enthousiasmantes. Je ne compte pas me limiter à un genre en particulier, car je suis convaincu qu’il y a des choses intéressantes dans tous les styles musicaux. La ligne de conduite se marquera plutôt au niveau de l’esthétique, avec un graphisme soigné et la volonté de sortir tous les albums au format vinyle. Nous privilégierons sans doute aussi les artistes liégeois, même si je m’autorise à craquer pour des étrangers. »

G.S.

 > Jean-Christophe Renault – « Ears Have No Eyelids », disponible chez les disquaires et sur les plateformes de streaming et de téléchargement.
 > www.flak.be

Fabrice Lamproye et Jean-Christophe3(c) Thomas Van Ass.jpgLa B.O. d’un film imaginaire

Plus que jamais, la création d’un label est aujourd’hui une affaire de passionnés. Depuis l’avènement des plateformes de streaming, l’industrie musicale peine à trouver un modèle de création rentable. Ce nouveau projet a cependant permis à Fabrice Lamproye de se consacrer à des démarches positives, entre deux reports de concerts en raison de la crise sanitaire. Le résultat est un disque soigné, où Jean-Christophe Renault dévoile son talent inné pour composer la bande originale d’un film imaginaire. Vous aimez Erik Satie, Steve Reich ou encore Philip Glass ? Alors fermez les yeux, et laissez-vous emporter.

G.S.

Photos : Thomas Van Ass

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