Soutenons la culture: interview de Michel Depas (Trocadero)

Où en est la situation du Trocadero ?

Nous sommes à l’arrêt total depuis le 13 mars. Le 19 septembre dernier, nous avons repris un début d’activité avec une capacité réduite à 200 spectateurs. En concertation avec le CHU de Liège, nous avons appliqué les mesures sanitaires et des règles strictes. Cinq spectacles ont ainsi pu avoir lieu avant la nouvelle fermeture.

Quel est votre quotidien aujourd’hui ?

Nous avons reçu l’obligation formelle de fermer. Ce qui implique les répétitions et les activités privées, comme la location de la salle pour des assemblées générales. La nouvelle revue est en partie écrite. L’orchestrateur, pour la musique et le costumier continuent de travailler depuis leur domicile dans l’optique d’un éventuel retour. La nouvelle revue a été adaptée avec des artistes belges uniquement. Car habituellement, nos danseuses viennent de partout en Europe et notre meneuse du Lido est parisienne.

Peut-on évaluer vos pertes ?

Elles sont conséquentes avec la perte de plus de 95 % de nos activités. Notre théâtre est totalement privé. Pour chaque euro dépensé, un euro doit être gagné. Nous ne recevons aucune aide et aucun subside. La Fédération Wallonie-Bruxelles ne nous reconnaît pas.

Quelles sont vos perspectives ?

Nous souhaitons une réflexion de l’Etat pour reconnaître la culture au niveau du secteur privé. Je tiens à souligner et à féliciter l’initiative de la ville de Liège qui vient de débloquer la somme de 200.000€ pour les petites structures, dont nous faisons partie. Grâce au bourgmestre Willy Demeyer, nous venons de recevoir la promesse d’une aide de 20.000€. Une grande première que l’on doit également aux Liégeois et à notre public qui nous ont soutenus via une pétition qui a récolté près de 2.500 signatures.

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Je suis pessimiste. Tant que le vaccin ne sera pas d’application, je ne pense pas que les autorités lâcheront la bride. Par la suite, il faudra également du temps au public pour surmonter la peur et reprendre le chemin des salles. La note d’espoir demeure dans cette envie et ce soutien des gens envers la culture et le spectacle vivant. Ils sont clairement demandeurs. VINCENT ARENA

Soutenons la culture.png

Les commentaires sont fermés.