Soutenons la culture: Eric Marquis (café-théâtre Comédie Centrale)

Régisseur de l’ancien Comiqu’Art à ses débuts en 1997, il est désormais à la tête de trois théâtres dédiés à l’humour en Belgique. Il dirige aujourd’hui le Comédie Centrale de Liège aux Guillemins et celui de Charleroi, mais également le Comédie-en-Île situé en Outremeuse. Trois établissements qui représentent plus de 800 représentations par an. Depuis octobre 2019, Eric Marquis est également à la tête du Comédie Montorgueil à Paris. Il fait pour nous le point sur la situation des cafés-théâtres.

Où en est la situation de vos théâtres ?

Tout est à l’arrêt. Nous avons travaillé de janvier à mi-mars, avec une petite reprise de mi-août à mi-octobre. Depuis lors, c’est le calme plat. J’emploie habituellement une vingtaine de personnes, sans compter les intérimaires, les stagiaires et tous nos fournisseurs. Ces derniers sont tous sur le carreau. Il me reste aujourd’hui onze personnes sous contrat. Heureusement, ils bénéficient du chômage Covid.

Quel est votre quotidien aujourd’hui ?

Je suis actuellement à Paris où je planche sur de nouvelles pièces. Je travaille sur l’avenir. Je passe mes journées avec des lectures de textes. Et puis, il y a plus de 500 représentations à déplacer et à reporter à la rentrée.

Peut-on évaluer vos pertes ?

Elles s’élèvent facilement à 80 %, non seulement du chiffre d’affaires mais également du taux de fréquentation des salles sur l’année.

Quelles sont vos perspectives ?

Nous avons su appliquer cet été les règles sanitaires strictes. Avec une capacité réduite de nos salles à 50 %. Et malgré les circonstances, les gens étaient tout de même heureux. Les clients sont demandeurs et surtout au rendez-vous. La ville de Liège nous a octroyé une prime de 5.000€. Malheureusement, je déplore le manque de reconnaissance de notre secteur par l’état. Nous sommes de vrais travailleurs comme les autres. Nous attendons d’ailleurs toujours un retour du ministre de la Culture à cet effet.

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Je table sur une reprise, sous conditions, vers la mi-février. Mais sans aucune certitude comme tous les collègues du secteur récréatif. Je me dois de ne pas baisser les bras. Pour les artistes, pour les fidèles, pour les clients, je dois rester confiant. Il y a une grande solidarité entre nous. Je reste persuadé que nous reviendrons en 2021. Mais comment et dans quelles conditions ? VINCENT ARENA

Les commentaires sont fermés.