Interview spéciale 2020: Emiliano Bonfigli (commentateur sportif)

B9725619189Z.1_20201222192818_000+G2BH8KPKN.2-0.jpgOn a parfois tendance à l’oublier, mais vous êtes Liégeois.

Absolument ! Même si je travaille à Bruxelles depuis de nombreuses années, je n’ai jamais voulu y habiter. Je préfère réaliser les trajets chaque jour. Mes racines, mes amis et ma famille sont à Liège. C’est ma ville. Je ne peux pas me passer du centre-ville que j’affectionne tout particulièrement. Les gens sont parfois étonnés de m’y croiser. Ils n’imaginent pas que je suis Liégeois.

Qu’est-ce qui vous attire tant ?

J’aime la chaleur que dégagent la ville de Liège et les Liégeois. J’aime me promener au centre-ville et sentir cette atmosphère latine qui me rappelle un peu mes origines italiennes. Les gens sont avenants. Quand vous devez réaliser un micro-trottoir pour la télévision à Liège, c’est plié en quelques minutes. Il y a une vraie chaleur humaine que l’on ne retrouve pas ailleurs.

Quel regard portez-vous sur votre année ?

Comme tout le monde, elle a été impactée par la crise sanitaire. Mais attention, je n’ai aucunement le droit de me plaindre. Contrairement à d’autres, j’ai eu la chance de conserver mon emploi et d’être en bonne santé. Après un arrêt total lié à l’absence de compétitions sportives, cette année 2020 fut marquée par du football dans des stades vides.

Comment se marque cette différence dans l’approche de vos commentaires ?

L’aspect principal, c’est l’émotion. Même si le plaisir du jeu est présent, l’absence du public c’est la perte des émotions. Pour les rencontres des Diables Rouges et de Bruges à domicile, nous sommes dans le stade. Par contre, pour les autres rencontres internationales, nous commentons les matchs depuis une cabine à Bruxelles. Je me suis très vite rendu compte que mes plus beaux souvenirs et mes plus belles émotions de commentateurs sont tous liés au public et aux supporters. Ce sont eux qui rendent un match incroyable. Voir un stade vide est un sentiment qui me pèse. Ce que je préfère dans ce métier, c’est l’échange avec les gens sur le terrain. Plus que le rapport aux footballeurs, c’est ce contact dans les stades avec les supporters que j’aime.

 

Avec son chien, Lila.
Avec son chien, Lila. - DR

Votre façon de commenter un match est-elle différente aujourd’hui ?

Je me suis rendu compte que j’avais tendance à parler plus durant une rencontre dans un stade vide. Habituellement, on n’hésite pas à laisser des blancs afin d’entendre le stade chanter et réagir. Aujourd’hui, nous avons peur de laisser de la place au silence. Qui plus est, quand nous sommes en cabine face à un moniteur, nous n’avons pas la même vision du jeu et du terrain. Sans cette vision tactique et globale du jeu, le commentaire perd de sa couleur.

Quand avez-vous pris conscience que la situation était grave ?

Mon seul déplacement cette année fut à Naples, en février dernier, pour la rencontre face au Barça. Une fois sur place, nous avons découvert une situation nouvelle. J’ai réalisé qu’il se passait quelque chose.

Quel fait vous a le plus marqué ?

Certainement la mort de Diego Maradona. Enfant, avec mes origines italiennes, mes premiers souvenirs remontent à la coupe du monde 1990 en Italie. Et cette fameuse élimination de l’Italie face à l’Argentine du roi Diego. C’est à cette époque que j’ai compris que le football était important à mes yeux.

Avez-vous des projets pour 2021 ?

J’espère couvrir l’Euro pour RTL Info. Je suis impatient de retrouver des stades pleins. J’espère que nous pourrons le vivre l’année prochaine. À titre privé, je me suis acheté un appareil photo. J’ai envie de photographier les plus beaux endroits de Liège. J’ai toujours voulu le faire, mais j’ai manqué de temps. Et puis, j’ai aussi envie de reprendre le sport de manière plus intensive. J’ai couru le marathon de Berlin en 2017. Je ne me suis jamais senti aussi bien. VINCENT ARENA

Ses favoris

Avec Elia Fontaine.

Commentateur sportif, Emiliano nous livre ses podiums liégeois en termes de personnalités, d’initiatives et de commerces locaux.

Les personnalités :

1. Elia Fontaine : ma rencontre avec cette jeune Liégeoise qui a perdu une jambe à cause du Covid m’a énormément marquée. J’ai été remué et très touché par son courage, sa volonté et sa détermination. Après une telle tragédie, se remettre au basket est un exemple d’optimiste et de persévérance.

2. Miko Khatchatryan : j’ai eu la chance de commenter les combats de ce jeune boxeur de Droixhe qui est devenu champion de Belgique dans sa catégorie. Un vrai gentleman qui a la tête bien sur les épaules.

3. Boulettes magazine : une belle initiative qui parle de Liège et qui met en avant ce qui s’y passe.

Les initiatives :

1. Tous les mouvements de jeunesse qui se mobilisent pour envoyer des cartes de vœux dans les maisons de repos.

2. Les cafés et restaurants qui pratiquent les cafés et repas suspendus pour les sans-abri.

3. Tous les projets qui tournent autour du renouveau architectural du centre-ville, comme le tram ou la passerelle. Liège devient de plus en plus moderne.

Les commerces locaux :

1. La librairie « Place aux livres », place Xavier Neujean, à Liège. J’aime lire et le service sur place est excellent.

2. Le restaurant Marghé 2.0, rue Sebastien Laruelle, à Liège. J’y retrouve le vrai goût de l’Italie.

3. Le cinéma Les Grignoux où j’aime me rendre en famille. V.A.

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