Interview: l'année 2020 des Taloche!

Votre année s’annonçait pourtant sous de bons auspices ?

Elle devait être celle de notre retour sur scène et l’année des 10 ans du Voo Rire. Il n’en fut finalement rien. Pourtant, notre nouveau spectacle « Mise à jour » était prêt. Nous devions le jouer au début d’année pendant trois mois au théâtre « L’Européen » à Paris. Il a d’abord été reporté suite à la grève des transports puis face aux actions des gilets jaunes. Malgré le pessimisme ambiant et celui de notre producteur, nous avons tout de même commencé les représentations début mars. Nous l’avons joué en tout à cinq reprises. C’était le temps des premiers masques dans la rue avec ce sentiment étrange qu’il se passait quelque chose de grave. Lors de la dernière représentation, il y avait trente personnes en salle.

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Comment s’est passé votre retour ?

Nous avons quitté Paris dans la précipitation, en abandonnant nos costumes de scène dans les loges. Nous avons pris en catastrophe le dernier train pour la Belgique le 13 mars, juste avant la fermeture des frontières.

Avez-vous gardé le moral ?

Nous étions confiants avec l’arrivée de l’été. Très vite, nous avons travaillé sur un format réduit de notre festival. Nous nous sommes battus jusqu’au dernier moment. Tout a été réalisé et engagé comme s’il allait avoir lieu.

Puis vient ce jour du 17 octobre ?

Tout était prêt. On y croyait encore, le 17 octobre, quand nous sommes montés sur la scène de l’OPRL pour un spectacle inédit. Nous étions face à une demi-salle qui respectait les règles sanitaires. Nous nous amusions du fait que cette inauguration pouvait être aussi notre soirée de clôture. On ne croyait pas si bien dire.

Comment avez-vous vécu cette annulation de dernière minute ?

Tout s’écroule. Nous l’avons pris en pleine tronche. Avec ces nouvelles mesures, toutes nos dates ont été annulées. Les spectacles, les grands shows de télévision, notre festival, bref toutes nos activités liées à la présence du public. Notre tournée en Suisse a été reportée. Sans garantie.

 

Vincent a profité de longues balades à moto.
Vincent a profité de longues balades à moto. - DR

En dehors du travail, avez-vous pu profiter de votre temps libre ?

Nous sommes tous les deux passionnés de moto. Avec un printemps clément et un été chaud, nous avons pu arpenter les routes. Bruno est un joueur de golf. Ce fut aussi l’occasion de pratiquer ce sport.

 

Bruno adore le golf.
Bruno adore le golf. - DR

Quel fait vous a le plus marqué ?

Sans conteste, la disparition de notre amie Annie Cordy. Avec Virginie Hocq, nous faisions partie de sa garde rapprochée. Nous avions fêté, ensemble, ses 90 ans. Nous l’avions encore au téléphone quinze jours avant sa mort. Comme nous, elle a été bercée par le music-hall. Tant humainement que professionnellement, elle a été la grande rencontre de notre vie. Sa disparition fut très émouvante. C’est un peu comme si nous perdions notre grand-mère.

Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui dans vos vies ?

Nous nous interrogeons beaucoup plus. Nous en avons le temps. Nous ne sommes plus sur les routes. Les copains, les soirées improvisées et les choses simples nous manquent. Nous sommes devenus les spécialistes des réunions virtuelles sur écrans interposés. On y passe des heures. Si c’est ça la vie, c’est bien triste.

Avez-vous des projets ?

Notre métier, aujourd’hui, c’est reporter des dates et de préparer le prochain festival. Nous espérons pouvoir reprendre la route. Notre spectacle est prêt. Notre volonté est de tourner avec « Mise à jour » en 2021 et 2022. Et puis, il y a ce projet qui nous tient à cœur avec la Fédération Belge des Professionnels de l’Humour. Nous sommes soutenus par Pierre-Yves Jeholet. Une grande première historique en termes de reconnaissance.

Une actualité immédiate ?

Il va y avoir quelques rendez-vous sur la RTBF en décembre et en janvier. Un documentaire sur les dix ans de notre festival a été tourné dans plusieurs salles de Liège avec des images inédites. Nous ferons également partie des invités de l’émission « Alors on sort ? », présentée par Adamo à Noël. Une soirée sur Louis de Funès au Trocadero et des capsules humoristiques pour Tipik seront également au programme. VINCENT ARENA

Leurs favoris

Marc Carnevale.

Les frères Taloche nous livrent leurs podiums liégeois en termes de personnalités, d’initiatives et de commerces locaux.

> Des personnalités locales :

1. Jean-Philippe Darcis : le célèbre chocolatier pour la sortie de son livre « Souvenirs sucrés de leur enfance ». Un livre qui comporte l’une de nos recettes.

2. Pierre Rapsat : nous avons profité du premier confinement et de notre temps libre pour redécouvrir son œuvre.

3. Michel Depas : le directeur du Trocadéro de Liège pour son combat au quotidien et sa fidélité à toute épreuve.

> Des initiatives locales :

1. Le comité de soutien au grand théâtre de Verviers : un lieu que nous aimons et qui nous tient à cœur depuis nos débuts.

2. Les bons plans du confinement : le groupe Facebook créé par Caro Bjean. Un groupe dédié aux livraisons de produits variés du secteur Horeca.

3. Vivre Ici : l’initiative citoyenne pour les SDF de Verviers. C’est un collectif de bénévoles verviétois qui est à l’origine d’une distribution de vivres en faveur des SDF et des personnes en situation précaire.

Des commerces locaux :

1. L’Artisan Gourmand : une nouvelle boucherie traiteur à Stembert qui vaut le détour.

2. Kockelmann Motos Service : le concessionnaire moto exclusif Ducati à Francorchamps.

3. Le Sabots d’Hélène, dans le Carré, à Liège : le restaurant de notre ami Marc Carnevale, touché lui aussi par la crise comme tout le secteur Horeca. V.A.

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