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  • Il n’y a rien de mieux que Mauvais

    Mauvais1 (c) Muriel Thies - Sofam.jpg

    Ne vous fiez surtout pas aux apparences. Mauvais, ils ne le sont que de nom. Au contraire, ce duo qui fait de plus en plus parler de lui est plutôt bon, dans son genre. Et malin, avec ça, à l’image de leurs mélodies subtiles et de leurs textes doux-amers. Avec « Pour toi je peux devenir Gérard Depardieu », leur premier album, ces liégeois viennent tout simplement de signer un des plus jolis coups de ce début d’année.

    Mauvais est né de la rencontre de Calogero Marotta et de Christophe Enclin, deux figures connues de la scène musicale liégeoise. Le premier a notamment joué au sein de Showstar et aux côtés de Marc Morgan et Benjamin Schoos, tandis que le deuxième était à la tête du projet pop Hank Harry. L’idée de démarrer un nouveau projet ensemble est née un petit peu par hasard, lors d’une soirée de playbacks « C’est Calogero qui en a parlé le premier », se souvient Christophe Enclin, qui chante pour l’occasion pour la toute première fois en français. « Il m’a dit qu’il avait composé quelques nouveaux morceaux et il a proposé de me les faire écouter. Il m’a ensuite envoyé une série de maquettes et m’a laissé choisir celles qui m’inspiraient des paroles. Nous nous sommes finalement retrouvés avec une dizaine de chansons que nous avons enregistrées en compagnie du batteur Patrick Schouters dans un studio du côté de Sprimont. Sur scène, nous sommes également rejoints par le guitariste Marc Van Den Broeck. »

    MAUVAIS pochette (©Aurélie William Levaux).jpg


    Mélancolie joyeuse

    Dès la première écoute, on s’aperçoit qu’on a affaire à des musiciens expérimentés. Tant au niveau des paroles que des musiques, le disque semble peaufiné, bien pensé, astucieux. Contrairement à ce que le nom du groupe aurait pu laisser craindre, Mauvais ne s’égare pas dans le second degré à tout crin, ni dans ce cynisme résigné qui mine un peu trop la chanson française d’aujourd’hui. Les notes d’humour et de romantisme sont ici parfaitement dosées, tout comme ces observations souvent très justes du petit cirque qui nous entoure. « Calogero et moi sommes aujourd’hui assez âgés pour savoir comment le monde fonctionne », observe Christophe. « Nous ne sommes ni aigris, ni naïfs, mais plutôt à cheval entre les deux. On ne broie pas du noir, mais nous sommes conscients qu’il y a des choses merveilleuses en chacun de nous et d’autres beaucoup plus moches. Nos chansons sont le reflet de  cette dualité. Récemment, j’ai entendu l’expression ‘mélancolie joyeuse’. Je trouve qu’elle colle plutôt bien à notre univers. » Ce coup d’essai est un bien joli coup de maître. En l’espace de dix chansons, Mauvais nous promène parmi tous les sentiments de la vie.

     > Mauvais – « Pour toi je peux devenir Gérard Depardieu », disponible chez les disquaires et sur toutes les plateformes de streaming et de téléchargement.
     > En concert gratuit le 16/04 (16h) à la librairie Livre aux Trésors, place Xavier Neujean à Liège.

  • Le tennisman liégeois Steve Darcis rencontre et interview Patrick Bruel

    Steve Darcis et Patrick Bruel.JPGPatrick Bruel était en concert mercredi dernier au Palais des Beaux-Arts de Charleroi dans le cadre de sa tournée en hommage à Barbara. Fan des premières heures, le tennisman liégeois Steve Darcis a pu assister pour la première fois au concert de son idole. Mieux, il a rencontré Patrick Bruel au terme du concert et lui a même offert un maillot dédicacé de la finale de la Coupe Davis. Voici son interview.

    Steve Darcis : Salut Patrick, je sais que tu es un habité de Roland Garros.

    Patrick Bruel : En effet, je suis l’actualité du tennis en général. Et je sais aussi que la Belgique regorge de talents. Mais j’avoue que je connaissais surtout Justine Henin et Xavier Malisse. Par contre, je sais aussi que tu as battu Nadal au premier tour de Wimbeldon. Chapeau, car ce n’est pas donné à tout le monde.

    S.D. : Il paraît que tu es fan des Diables Rouges ?

    P.B. : Vous avez une équipe formidable ! J’adore Eden Hazard. D’ailleurs, je ne m’en cache pas. Je vois les Belges aller très loin lors du prochain Euro en France. Je les vois même aller jusqu’au bout. Je rêve d’une finale France-Belgique.

    S.D. : Revenons à ton concert. J’ai été impressionné par ton interprétation.

    P.B. : C’est le fondement de ce spectacle. Les chansons de Barbara sont des moments de vie, comme des bouts de films. Elle aurait pu jouer dans un film de Claude Sautet.

    S.D. : Ton expérience de comédien t’a-t-elle aidé ?

    P.B. : Ma part d’acteur joue un grand rôle sur cette tournée. Le spectacle a été construit sur cette expérience. C’est un peu comme dans une pièce de théâtre. Tous les soirs des émotions nouvelles apparaissent et le spectacle évolue.

    S.D. : Comment t’es-tu préparé pour cette tournée ?

    P.B. : Nous avons surtout travaillé la musique et les arrangements. Et tout cela, en très peu de temps. J’avoue qu’il y a une grande part d’improvisation chaque soir depuis le début de la tournée.

    S.D. : Qu’est-ce qui t’a marqué le plus jusqu’à présent ?

    P.B. : La réaction du public qui est incroyable. Alors qu’il ne connait pas bien Barbara, il est réactif à ses chansons et à ses textes. Je suis très flatté par la réaction et l’accueil du public.

    S.D. : Avais-tu des appréhensions ?

    P.B. : J’étais mort de trac. On n’entre pas dans cette tournée par la grande porte, mais par la petite lucarne. J’avais une énorme appréhension. Certainement la plus grande de ma carrière. Car ici, il ne suffit pas de simplement bien chanter. Il faut construire quelque chose.

    S.D. : On ressent un vrai respect envers Barbara.

    P.B. : C’est une artiste qui ne laisse pas indifférent. On l’aime ou on ne l’aime pas. Moi, j’en suis admiratif. Elle a dit mieux que moi ce que je ne pouvais pas dire. Barbara n’est pas une artiste qui passe en radio. Le but de cet album et de cette tournée est de vous donner envie de découvrir la vraie Barbara.

    S.D. : Quelles ont été les réactions de tes proches ?

    P.B. : J’ai été très touché par la déclaration de la mère de mes enfants sur les réseaux sociaux. Nous avons un rapport intransigeant l’un envers l’autre. Ce n’est jamais complaisant. Mes deux enfants ont également écouté l’album et sont très fiers de moi. C’est le plus important.

    Le concert

    Un vibrant hommage empreint de respect

    Patrick Bruel-4 Charleroi - Credit Photo mathieu.haot.jpgDe toutes les tournées de Patrick Bruel, celle-ci est certainement la plus originale. Mais aussi la plus atypique. Dans un décor épuré mêlant modernité et ambiance hors du temps, Patrick Bruel est simplement entouré de quatre musiciens qui se partagent les instruments.

    A la lueur de quelques lanternes, parfois dans la pénombre, Bruel s’attarde sur les textes de Barbara. Toujours avec beaucoup de respect.

    Au fil des chansons qui s’enchaînent, Patrick s’approprie doucement mais surement le répertoire de la grande chanteuse. Le tout dans des versions acoustiques, et parfois même empreintes d’électro.

    Au fil du spectacle, qui dure plus de deux heures, Patrick Bruel se raconte et nous raconte son histoire avec sa maman. Celle qui lui a donné le goût de la musique et de Barbara fait office de fil rouge. Le répertoire de Barbara est ponctué par quelques chansons de l’artiste. Des chansons moins connues du grand public comme « Raconte-moi » ou encore « Où sont les rêves ». Seul « Qui a le droit », qui parle de son enfance, arrive en fin de parcours pour résonner dans les têtes d’un public conquis d’avance et qui acquiesce à chacune des propositions de l’artiste.

    On notera enfin un nouveau texte, parlé et raconté par Patrick Bruel au son de sa guitare. Un texte engagé, comme le sont ceux de Barbara, et écrit juste après les derniers attentats de Paris. « C’était un moment de mon quotidien que je voulais partager. Je suis attaché au drapeau français. On nous l’avait confisqué. C’est ma façon à moi de nous le réapproprier. »

    Patrick Bruel sera en concert au Cirque Royal à Bruxelles les 24 et 25 mai (02/218.20.15) et au Forum de Liège les 26 et 27 mai (04/223.18.18).

    Photo: Mathieu Haot.

  • Blue Velvet dévoile son nouveau visage

    Blue Velvet1 (c) Jehanne Moll.jpg

    Un deuxième album, c’est toujours un moment-charnière dans la carrière d’un groupe. Il y a ceux qui préfèrent peaufiner leur style en le modifiant le moins possible, et puis ceux qui décident de se réinventer. Les liégeois de Blue Velvet appartiennent assurément à la deuxième catégorie.
     
    Blue Velvet a considérablement évolué depuis la parution de « Level II », leur premier album au titre trompeur. Six années ont passé et le duo en a profité pour se remettre en question. Epuisés par la longue tournée qui les a vus défendre leur premier opus un peu partout en Belgique et dans les pays voisins, Phil Henrion et Mirco Gasparrini ont pris le temps de se poser pour réfléchir à la direction qu’ils souhaitaient emprunter. « Pour nous, ça n’avait pas trop d’intérêt de refaire un nouvel album à l’identique », évoque ce dernier, dont la voix a encore gagné en profondeur et en puissance. « Nous savions que nous voulions explorer de nouvelles sonorités, mais nous ne savions pas précisément lesquelles. C’est alors que nous avons décidé de partir quelques jours en Bretagne, Phil et moi. Nous y sommes volontairement restés coupés du monde, dans un petit studio aménagé par nos soins sans téléphone ni internet. C’est là qu’est progressivement né le disque. Nous avons composé la plupart des nouveaux titres sur place. C’est aussi là que nous avons décidé de laisser tomber les bidouillages électroniques pour ne nous concentrer que sur les instruments rock traditionnels. »

    Blue Velvet2 (c) Jehanne Moll.jpg

    Des invités qui apportent leur touche
     
    Ce parti-pris explique probablement la belle réussite de « Blood + Rain ». Bien décidé à ne pas se laisser vampiriser par les modes passagères, Blue Velvet est parvenu à dégager l’essence de son style, entre les passages rock tendus et les mélodies lumineuses. On pense souvent à dEUS, mais aussi à des formations anglo-saxonnes telles que Pearl Jam, At the Drive-In et le Placebo des débuts. Une évolution réussie qui doit beaucoup à la venue de nouveaux musiciens venus épauler le duo. « Nous avons fait appel au bassiste Dominique Huynen, au batteur  Sacha Piccoli et au claviériste Jean-François Ruttens », explique Phil Henrion. « Après leur avoir fait écouter nos premières maquettes, nous leur avons demandé de s’approprier les morceaux et d’y apporter leur touche personnelle. Ce fut aussi le cas du producteur Maxime Wathieu, qui a enregistré le disque avec nous au Studio 5 de Chênée. Il a réalisé un travail incroyable, en identifiant parfaitement le son que nous recherchions tout en nous poussant dans nos derniers retranchements. »
     
    Les liégeois présenteront ce nouveau disque le samedi 26 mars au Reflektor, en compagnie de leurs amis de Frank Shinobi. Ils pourront monter sur scène avec le sentiment du travail bien fait.

     > Blue Velvet – « Blood + Rain », disponible chez les disquaires et sur toutes les plateformes de streaming et de téléchargement.
     > En concert avec Frank Shinobi le 26/03 au Reflektor (10 euros).
     
    Crédit photo : Jehanne Moll