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  • Nous avons retrouvé Jos, le DJ mythique du Dancing Real à Tongres

    DJ Jos 1.pngVéritable icône des platines pour toute une génération, Jos fut le DJ résident du Dancing Real à Tongres de 1980 à 2000. Pendant 20 ans, il a fait danser de nombreux Liégeois et animé les nuits d’une période faste. Disparu complètement de la circulation et du monde de la nuit depuis 16 ans, nous l’avons finalement récemment retrouvé.

    Durant les années 80 et 90, la discothèque le Real à Tongres était une véritable institution. Les clients y venaient des quatre coins de la Belgique. Et les Liégeois étaient nombreux à faire le court déplacement pour y venir faire la fête jusqu’aux petites heures. Aux platines, mais aussi au micro, DJ Jos y a fait danser deux générations de clubbeurs. Mais en 2000, à seulement 40 ans, il décidait de tirer sa révérence en pleine gloire. Il tournait par la même occasion définitivement la page d’une vie nocturne bien chargée.

    Absent des réseaux sociaux, nous l’avons finalement retrouvé dernièrement. Et hormis ses cheveux grisonnants, notre homme n’a pas changé. « Je n’avais pas vraiment conscience d’avoir marqué à ce point l’esprit des gens. J’ai encore du mal à m’en rendre compte aujourd’hui. Il m’arrive parfois de venir faire un tour à Liège sur le Marché de Noël. Je suis toujours surpris d’y rencontrer d’anciens clients qui me reconnaissent et qui me demandent des photos. Ça me fait plaisir, car c’est toujours très gentil. Mais ce qui me rend le plus fier, c’est de rencontrer des couples qui se sont formés au Real et de voir leurs enfants. »

    En couple depuis 12 ans, Jos travaille désormais comme contrôleur de qualité dans le domaine de l’industrie électrique. « J’ai eu la chance de vivre une époque formidable. Je mixais les vendredis, samedis et dimanches. Et en 17 ans, je n’ai jamais manqué une soirée. Je partais en vacances, mais du lundi au jeudi. J’ai commencé à lever le pied les trois dernières années. » Educateur physique de formation, il n’aura finalement jamais exercé son premier métier. « Ce sont les hasards de la vie. Je vivais de ma passion. Pour moi, DJ n’était pas un vrai métier. » Une passion qu’il abandonne en 2000. « C’est un boulot qui te bouffe. Quand j’ai senti que je n’étais plus motivé à 200%, il était temps d’arrêter. Je ne voulais pas faire l’année de trop. J’ai toujours eu d’autres centres d’intérêts. Et puis, je ne me voyais pas vivre la nuit toute ma vie. J’ai enfin découvert le jour ! » Aujourd’hui encore, ils sont nombreux à vouloir le faire revenir derrière les platines. « J’ai définitivement tournée la page. Mais je ne regrette rien. »

    Anecdotes

    "J'ai donné tous mes disques à un fan"

    DJ Jos 2.jpgHumble, souriant et d’une gentillesse sans égale, Jos s’est livré et nous a raconté son incroyable histoire. Mais il faudrait un livre tout entier pour compiler toutes ses anecdotes. En voici quelques-unes.

    « J’ai commencé par hasard au Real. J’étais là le soir où un DJ manquait. Je l’ai remplacé en dernière minute, de façon totalement improvisé. Et j’y suis finalement resté 20 ans. Je n’ai rien gardé de mon époque de DJ. A la fin de ma carrière, j’ai donné tous mes disques à un fan du Real qui avait reproduit à l’identique mon discobar dans sa cave. Le premier week-end après mon arrêt, j’ai été me promener dans les bois, très tôt le matin, vers 7 heures. C’était la première fois que je voyais le soleil se lever sans avoir fait la nuit auparavant. Et j’ai adoré ça ! C’est au Real que j’ai appris le Français. Il y avait énormément de clients de Liège. Au début, on m’apportait des dédicaces écrites sur des cartons de bière. Je les lisais au micro sans comprendre un mot. Je me suis fait avoir plus d’une fois au début ! Il y avait des clients qui venaient de toute la Belgique. Nous avions même un fan-club qui faisait le déplacement depuis Cologne. Le Real était alors The Place To Be. Tous les joueurs du Standard et du RFC liège venaient faire la fête chez nous après les matchs. Je me souviens de Luc Ernes, d’Alex Czerniatynski ou encore de Michel Preud’Homme. Ils étaient toujours placés derrière moi, près du discobar. Les clients m’offraient souvent des verres… Je ne savais plus où les mettre ! Moi, je payais des tournées en retour. Il m’est déjà arrivé de devoir des sous à mon patron en fin de soirée ! Ils nous arrivaient souvent de partir à l’aube à la Côte belge, au terme du week-end, avec quelques clients et des serveurs. Nous revenions le vendredi soir pour travailler. »

    Historique

    Le Real: 50 ans de clubbing à Tongres

    Même s’il se trouve en terre flamande sur la commune de Tongres, le Real et les fêtards liégeois, c’est une grande histoire d’amour qui continue encore aujourd’hui. S’il n’a plus la même configuration ni son lustre d’antan, le Real Club fait toujours figure de légende dans le microcosme nocturne belge. Véritable institution dans les années 70, 80 et 90, le Real vient récemment de fêter ses 50 ans. Entre 2012 et 2013, on se souviendra encore que c’est le Nunu Club qui a exploité les lieux. Aujourd’hui, si la discothèque dans sa configuration initiale n’existe plus en tant que telle, il subsiste néanmoins désormais deux clubs bien distincts entre ses murs. Le premier tente de retrouver ses belles années dans une plus petite configuration et a repris le nom de « Real Club ». C’est le fils de l’ancien gérant qui en est à sa tête. Le second club est lui dédié à la musique urbaine sous le nom de « Urban Building ». Un établissement géré par de jeunes Liégeois habitués aux soirées itinérantes.