Clubbing - Page 2

  • Soutenons la culture: Jean-Marc Rodolfs (Alhambra Club)

    Située à Vreren sur la route de Tongres, à quelques encablures de Juprelle, ces deux clubs fréquentés par les Liégeois demeurent les deux derniers bastions d’un secteur qui est à l’arrêt total depuis plus de dix mois.

    Où en est la situation de vos deux discothèques ?

    Nous sommes à l’arrêt complet depuis notre dernière soirée le 8 mars dernier. La capacité totale des deux discothèques est de 1.600 personnes. Tout notre personnel est au chômage temporaire. Cela représente douze personnes, sans oublier les prestataires indépendants et nos DJ’s. Nous avons ouvert quatre dimanches entre septembre et octobre en formule réduite. Avec un maximum de 150 personnes installées à des tables hautes, le port du masque et une musique réduite.

    Quel est votre quotidien aujourd’hui ?

    Je me contente d’assurer l’entretien du bâtiment, la maintenance technique du matériel et le suivi du courrier administratif lié aux éventuelles primes. Je vous avoue que ça commence à devenir long et lourd à supporter.

    Peut-on évaluer vos pertes ?

    Elles sont de 100 % depuis le premier jour. Nous avons malgré tout pu bénéficier des aides sporadiques de la Région. Des aides qui ont le mérite d’exister. Mais au final, cela ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan par rapport à notre chiffre d’affaires habituel.

    Quelles sont vos perspectives ?

    Nous sommes totalement tributaires des décisions de l’état. Nous n’avons à l’heure actuelle aucune date et aucune perspective de reprise. Heureusement, en étant propriétaire de tous nos biens, les bâtiments comme le terrain, nous n’avons pas de charges énormes à supporter. La situation est tenable uniquement pour cette raison.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Je ne peux pas envisager ma vie autrement que celle dans laquelle j’ai investi plus de 36 années. De par sa configuration, le lieu est une discothèque et le restera. Je suis conscient que nous ne pourrons reprendre qu’une fois que la population sera immunisée. Car ouvrir avec des restrictions n’est pas rentable. VINCENT ARENA

  • Soutenons la culture: interview de Milena de Barquin (violoniste)

    Musicienne, elle a suivi les cours au Conservatoire de Liège. Premier prix de violon à 17 ans à peine, elle s’est ensuite perfectionnée à Paris avant de parcourir le monde comme violoniste professionnelle.

    Depuis 20 ans et de manière ininterrompue, elle est la cheffe violon attitrée d’Helmut Lotti et l’accompagne sur tous ses concerts. Réserviste au sein de l’Orchestre Philharmonique de Liège et de l’Opéra Royal de Wallonie, elle se produit principalement dans les événements en mode électronique aux quatre coins de la planète.

    Où en est votre situation en tant qu’artiste ?

    Je suis à l’arrêt complet depuis mars. Depuis lors, tous mes contrats ont été annulés ou reportés. Sans aucune garantie. Quelles soient privées ou publiques, en Belgique ou à l’étranger, toutes mes dates ne sont plus d’actualité.

    Quel est votre quotidien aujourd’hui ?

    Habituellement, quand je ne suis pas sur scène, je demeure attentive aux différentes opportunités. Mais malheureusement, c’est très calme en ce moment. Aucune perspective de reprise ne semble se dessiner. J’essaie donc de m’occuper, de me perfectionner et de me cultiver. Je cogite aussi sur mon avenir professionnel.

    Peut-on évaluer vos pertes ?

    Elles sont proches des 100%. Toutes mes activités sont liées à la scène. Les concerts comme les événements ont fermé leurs portes. Je n’ai plus aucun revenu.

    Quelles sont vos perspectives ?

    En tant qu’artiste, je ne bénéficie d’aucune aide. Le statut officiel m’a été refusé. Il n’y a malheureusement aucune structure, ni aucune garantie de protection pour les artistes comme moi. Pourtant, nous ne comptons pas nos heures. Entre les répétitions et le travail de préparation, ce métier que j’aime est le fruit de nombreux sacrifices. Faute de solutions, j’ai dû me tourner vers le CPAS qui a reçu un subside exceptionnel pour venir en aide aux personnes qui n’entrent dans aucune case.

     

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Je pense que nous allons devoir encore patienter quelques mois. Mais je ne vois pas d’éclaircie avant l’automne prochain. Le plus dur est que nos échéances sont à chaque fois repoussées. L’attente devient longue. Je m’étais battue pour faire de ce métier mon activité principale. Mais aujourd’hui, je pense tout doucement à ma reconversion. Une remise en question pour m’assurer un minimum de sécurité. VINCENT ARENA

  • Soutenons la culture: interview de Jonathan Minette (Euro-Musique)

    Où en est la situation de votre société ?

    Depuis notre prestation le 7 mars dernier au Forum avec Pierre Theunis, nous sommes pratiquement à l’arrêt complet. Nous avons eu la chance de pouvoir un peu travailler durant l’été sur de petits événements dans les règles sanitaires. J’emploie deux personnes à temps plein qui sont aujourd’hui au chômage technique. Je peux les rappeler si nécessaire pour des prestations sporadiques. La mise en place de ce chômage « Corona » est une bonne chose.

    Quel est votre quotidien aujourd’hui ?

    Je passe deux heures par jour au bureau pour assurer le côté administratif. Nous essayons de continuer à travailler un peu en diversifiant notre offre. Nous effectuons le transport de décorations de Noël pour les galeries commerciales. Un de mes employés œuvre à la Cour de Justice de l’Union européenne au Luxembourg où il assure le bon fonctionnement des audiences. Il m’arrive aussi parfois de louer un piano à Typh Barrow ou Alice on the roof pour leurs enregistrements à la télévision.

    Peut-on évaluer vos pertes ?

    Financièrement, elles s’élèvent à plus de 80 %. Mais il y a aussi la perte d’énergie pour essayer de subsister qui est énorme. À l’heure actuelle, nous n’avons plus aucune garantie sur notre avenir.

    Quelles sont vos perspectives ?

    Nous bénéficions des aides de la Région wallonne. Mais ce n’est malheureusement qu’une goutte d’eau dans notre océan. Actuellement, nous puisons dans nos réserves. Nous devrons trouver des alternatives à court et moyen termes. L’action nationale « Sound Of Silence » s’est ralliée à l’Event Confédération qui rassemble désormais d’autres fédérations qui défendent les intérêts des secteurs liés à l’événementiel. On espère ainsi obtenir de nouvelles aides.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    C’est très compliqué. Aucune perspective de relance n’étant établie pour la culture. Nous travaillons sur l’année 2021, mais sans garantie que les festivals auront lieu l’été prochain. Nous venons de signer un contrat pour une éventuelle tournée en Asie et des représentations au Japon en 2022. En espérant que l’on puisse assurer le contrat. VINCENT ARENA

    Soutenons la culture.png