Théâtre - Page 5

  • En 2018, Renaud Rutten a dépassé les frontières liégeoises

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    2018 est sans conteste l’année de la consécration pour Renaud Rutten. L’humoriste et comédien liégeois a clairement passé un palier en cette année. En marge de ses nombreux spectacles qui affichent désormais tous « complet », il est enfin sorti de nos frontières liégeoises. Un spectacle sur scène en duo avec Jean-Marie Bigard, un premier rôle dans un long-métrage au cinéma et, cerise sur le gâteau, une place d’invité dans le canapé rouge chez Michel Drucker pour Noël.

    Peut-on dire que 2018 est votre année ?

    Ce fut en effet une très belle année marquée par de jolies rencontres. Je pense que la vie est faite de petits tremplins. Le passage chez Michel Drucker en fait partie. Nous sommes très peu de Liégeois à y être passés. Mais ma carrière ne s’arrête pas là. Je suis par exemple très fier de mon premier film « Les Grands Seigneurs ».

    Est-ce une année où la chance vous a souri ?

    Jacques Brel disait que la chance n’existe pas, il faut juste s’y préparer. Les gens ne s’en rendent peut-être pas compte, mais il y a des années de travail derrière cet aboutissement. Ce qui m’arrive aujourd’hui est le fruit d’années de labeur et de beaucoup de travail. J’aime tout particulièrement cette phrase : « Le succès n’arrive avant le travail que dans le dictionnaire. » Les gens pensent que des artistes comme Arnaud Tsamère ou Jérémy Ferrari ont connu de suite le succès. Pour bien les connaître, je peux vous assurer qu’il y a des années de travail en amont avant de connaître un tel succès.

    Vous avez connu vos années de galère…

    Absolument ! Je peux dire que j’ai mangé mon pain noir. Je me suis pris des claques dans la gueule. Je me souviens d’un spectacle il y a des années du côté de Welkenraedt, du temps de « La Bande de Contact ». Je m’étais pris un four. Il y a 20 ans, je suis parti jouer à Paris au petit Point-Virgule. A l’époque, je jouais tous les soirs devant quatre personnes. Ma plus grande fierté, c’est d’y revenir en 2019 avec Jean-Marie Bigard au Grand Point-Virgule dans une salle comble.

    Avez-vous encore aujourd’hui des appréhensions, des moments de doute ?

    Je suis quelqu’un de positif. Je suis plutôt dans une bonne passe. Mais on ne peut pas s’empêcher de penser que ça peut s’arrêter du jour au lendemain. Les gens, le public, sont adorables. Mais ils peuvent aussi être cruels. Ils aiment m’associer aux blagues ou aux publicités. J’assume complètement. Mais j’ai aussi envie qu’on se souvienne de moi pour autre chose. Je suis surtout très fier d’avoir tourné dans Braquo, Le Petit Nicolas, Zone Blanche ou encore Dikkenek. J’aime le cinéma. Et je ne veux pas me limiter à « Kedodo ».

    Comment appréhendez-vous la critique ?

    Je l’accepte et je trouve même ça normal. Si c’est fait intelligemment, j’aime la critique. Une critique intelligente peut être très constructive.

    Avez-vous une référence dans le métier ?

    Je suis très admiratif de la carrière de Michel Serrault. Il arrivait à alterner les genres sans être cloisonné dans son rôle de « La Cage aux Folles ».

    Que pensez-vous de Louis de Funès qui a connu la gloire et la reconnaissance sur le tard ?

    Je pense que c’est encore possible aujourd’hui. J’y crois. Ce qui est formidable dans ce métier, c’est qu’il suffirait d’un premier rôle marquant pour passer un autre palier. Mon ami José Garcia en est un bel exemple. Il a connu une ascension fulgurante. En deux ans à peine, il est devenu bankable. Peu de gens le savent, mais je vous avoue que je passe encore aujourd’hui des castings tous les quinze jours à Paris où l’on me dit non.

    Une envie pour 2019 ?

    Continuer à progresser. Je ne souhaite pas nécessairement être plus drôle. Mais pouvoir avoir encore plus de choix et plus de liberté dans mon travail. Pouvoir choisir est le vrai aboutissement dans ce métier. Pouvoir choisir la manière de le faire et surtout continuer à prendre autant de plaisir.

    Un rêve ultime ?

    J’apprécie tout particulièrement Jean Dujardin. Ou encore Omar Sy qui me fait beaucoup rire. J’adorerais jouer à leur côté. VINCENT ARENA

     

    Son année 2018

    Les Gilets Jaunes. On ne peut pas passer à côté. Je pense qu’il est normal que les gens s’offusquent. Mais nous n’avons pas toujours la bonne manière de faire. Le fanatisme et les débordements sont toujours dérangeants.

    La Coupe du Monde de football. Je suis en admiration devant le parcours des Diables Rouges. Que ce soit en football ou en hockey, nous sommes désormais connus dans le monde entier grâce à eux, alors que nous ne sommes qu’un petit pays. J’ai vraiment vibré avec les Diables durant cet été.

    L’héritage de Johnny Hallyday. Toute cette merde, cet étalage public, j’estime que c’est de l’irrespect envers l’artiste. J’étais fan et je pense que tout ça l’aurait gonflé. Je ne sais pas qui a raison et qui a tort, mais on en entend trop parlé.

     

    Ses coups de cœur

    Un disque. Diana Krall, c’est du jazz.

    Une série. Je suis fan de « La Casa de Papel ».

    Une émission de TV. « Objectif Top Chef ». Je trouve que Philippe Etchebest possède un énorme charisme.

    Un humoriste. Frayssinet et Haroun. Deux belles découvertes.

    Une BD. « Zaï, Zaï, Zaï, Zaï ». J’en ai pleuré de rire.

    Un jeu vidéo. « Toy Blast ». J’adore y jouer dans ma loge sur mon téléphone.

  • Renaud Rutten dans le canapé rouge de Michel Drucker

    C’est à peine sorti de sa loge du célèbre Studio Gabriel, dans le 8e arrondissement à Paris, que Renaud Rutten nous livrait ses premières impressions. « Ce fut impressionnant. Se retrouver dans ce studio qui a vu défiler les plus grands, qui plus est face au taulier du PAF, ce n’est pas rien. » C’est à l’invitation de Jean-Marie Bigard, avec qui il partage l’affiche sur scène dans « Cul et Chemise », que Renaud Rutten faisait partie du casting.

    Le samedi 1er décembre dernier, Jean-Marie Bigard avait déjà cité son nom lors de l’émission « Le Grand Show de l’Humour » diffusé en prime-time sur la chaîne publique française. Une émission déjà présentée par Michel Drucker. « Le plus étonnant est qu’il savait qui j’étais. À peine arrivé au studio, j’ai voulu me présenter à lui. Il m’a dit qu’il me connaissait déjà et qu’il suivait même ce que je faisais à Liège. Dans la foulée, des gens m’ont reconnu et demandé une photo. J’avoue que j’ai pensé un court instant à une caméra cachée ! »

    Une émission pour Noël

    S’en suit alors une petite répétition sur la scène du studio. Une répétition qui fut rapidement arrêtée. « C’est une émission de Noël destiné à un public familial. Nous avons dû, dès lors, quelque peu nous adapter en utilisant des termes plus appropriés (rires). » Avant de s’asseoir dans le célèbre canapé rouge et de répondre aux questions de Michel Drucker, Renaud et Jean-Marie ont néanmoins pu proposer un avant-goût de leur spectacle sur scène. « Nous avons chacun raconté quelques blagues dans une ambiance décontractée. Un vrai bon moment. »

    Jean-Marie Bigard et Renaud Rutten se produiront ensemble au Grand Point-Virgule à Paris, le 18 janvier (complet), avant de partir pour une petite tournée en France qui compte déjà plusieurs dates. « C’est une belle opportunité pour moi. Avoir le pied mis à l’étrier en France par Jean-Marie Bigard, c’est une chance. C’est quand même mieux que de partir seul avec mon sac à dos. »

    L’émission « Vivement Dimanche » spéciale Noël sera diffusée, le dimanche 23 décembre, à 14h20, sur France 2, avec comme invités Natasha Saint-Pierre, Arturo Brachetti, Roland Magdane, Jeanfi Janssens, Jean-Marie Bigard et Renaud Rutten. VINCENT ARENA

    A NOTER: Renaud Rutten se produira le samedi 16 février au Country Hall à Liège. Tickets sur www.ticketmaster.be, à la FNAC et dans les Night and Day.

  • Interview (+ vidéo) Fabrice Eboué: "Désormais, je ne calcule plus"

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    De passage en Belgique au Forum de Liège à l’occasion du gala télévisé du festival « Voo Rire » des frères Taloche, Fabrice Eboué est de retour en Belgique dès décembre avec son nouveau spectacle « Plus rien à perdre » qu’il vient présenter le 18 à Bruxelles et le 19 à Liège. Nous l’avons rencontré.

    Fabrice, vous n’avez vraiment plus rien à perdre ?

    Depuis mon dernier spectacle, j’ai eu 40 ans et je suis devenu papa. Cela fait 20 ans que je monte sur scène, j’ai eu la chance de réaliser mes rêves d’artiste. J’ai pris un peu de recul sur ma carrière, je ne calcule plus du tout. Je suis plutôt là pour le plaisir. J’ai envie de me lâcher et de faire plaisir aux autres.

    Une façon aussi de se démarquer ?

    Aujourd’hui, il y a beaucoup de comiques. La meilleure façon d’être singulier, c’est de parler du monde dans lequel on vit mais avec un angle plus intime.

    Toujours en étant en colère…

    C’est très francophone de s’indigner. Ce côté grande gueule, caricaturé et second degré, permet de se libérer et de lâcher les chevaux.

    Sans aucune autocensure ?

    Un spectacle est très écrit, c’est testé. Mon censeur, c’est le public. S’il ne rit pas, c’est que ce n’est pas bon. Par contre, sur les réseaux sociaux, c’est plus spontané. On peut parfois y être maladroit. On n’est pas à l’abri de la mauvaise vanne. Il faut donc faire très attention.

    Quel regard portez-vous sur les réseaux sociaux ?

    J’y suis très peu. C’est mon équipe qui gère tout ça. Je fais relire la forme avant de publier quelque chose. Mais il ne faut pas pour autant perdre sa liberté. La polémique y est éphémère. Une polémique vient en chasser une autre. Je n’y prête pas attention.

    Et le cinéma ?

    Je démarre ma nouvelle tournée. J’ai quelques petites pistes d’écriture pour le cinéma. Mais ma priorité demeure la scène. J’ai même envie de monter à plusieurs sur scène. Le théâtre m’attire. J’ai la chance de pouvoir varier les plaisirs.

    Un dernier mot sur la Belgique ?

    Je suis un grand fan du cinéma belge. Il est plus libre et il ose plus. Le public belge est à la hauteur de son cinéma. Il demeure en Belgique une vraie liberté. La France est plus guindée. Chez vous, on peut se lâcher ! VINCENT ARENA

    Crédit photo: Ph.N.