Collectifs

  • Soutenons la culture: interview de Jonathan Minette (Euro-Musique)

    Où en est la situation de votre société ?

    Depuis notre prestation le 7 mars dernier au Forum avec Pierre Theunis, nous sommes pratiquement à l’arrêt complet. Nous avons eu la chance de pouvoir un peu travailler durant l’été sur de petits événements dans les règles sanitaires. J’emploie deux personnes à temps plein qui sont aujourd’hui au chômage technique. Je peux les rappeler si nécessaire pour des prestations sporadiques. La mise en place de ce chômage « Corona » est une bonne chose.

    Quel est votre quotidien aujourd’hui ?

    Je passe deux heures par jour au bureau pour assurer le côté administratif. Nous essayons de continuer à travailler un peu en diversifiant notre offre. Nous effectuons le transport de décorations de Noël pour les galeries commerciales. Un de mes employés œuvre à la Cour de Justice de l’Union européenne au Luxembourg où il assure le bon fonctionnement des audiences. Il m’arrive aussi parfois de louer un piano à Typh Barrow ou Alice on the roof pour leurs enregistrements à la télévision.

    Peut-on évaluer vos pertes ?

    Financièrement, elles s’élèvent à plus de 80 %. Mais il y a aussi la perte d’énergie pour essayer de subsister qui est énorme. À l’heure actuelle, nous n’avons plus aucune garantie sur notre avenir.

    Quelles sont vos perspectives ?

    Nous bénéficions des aides de la Région wallonne. Mais ce n’est malheureusement qu’une goutte d’eau dans notre océan. Actuellement, nous puisons dans nos réserves. Nous devrons trouver des alternatives à court et moyen termes. L’action nationale « Sound Of Silence » s’est ralliée à l’Event Confédération qui rassemble désormais d’autres fédérations qui défendent les intérêts des secteurs liés à l’événementiel. On espère ainsi obtenir de nouvelles aides.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    C’est très compliqué. Aucune perspective de relance n’étant établie pour la culture. Nous travaillons sur l’année 2021, mais sans garantie que les festivals auront lieu l’été prochain. Nous venons de signer un contrat pour une éventuelle tournée en Asie et des représentations au Japon en 2022. En espérant que l’on puisse assurer le contrat. VINCENT ARENA

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  • Interview: Kid Noize ouvre un magasin de vélos électriques customisés à Liège

    DJ, auteur, compositeur, musicien et auteur de BD, Kid Noize a plus d’une corde à son arc. Cette fois, c’est avec sa passion pour le vélo qu’il débarque en Cité ardente avec un tout nouveau projet. « J’ai été contacté par deux Liégeois, importateurs de vélos électriques pour le Benelux », nous confie le DJ carolo. « Même si je ne suis pas un grand athlète, je fais du vélo depuis toujours. Je possède un ancien Eddy Merckx et un vieux BMX que l’on peut voir dans mes clips. Quand Dimitri et Jacques m’ont confié leur modèle, je suis littéralement tombé amoureux de leur vélo électrique. Un engin qui se situe à mi-chemin entre le vélo et la moto. Idéal pour aller se balader. Ils proposent de le customiser sur mesure selon vos envies. C’est cet aspect du projet qui m’a donné l’envie de rejoindre l’aventure. Dimitri et Jacques possèdent leur propre atelier. Moi, j’y apporte ma touche graphique. Je viens de l’univers de la bande dessinée. Cette façon de transformer le vélo me parle. Je participe réellement et de manière active à la conception de ce dernier. »

     

    Kid Noize sera présent à l’inauguration.
    Kid Noize sera présent à l’inauguration. - Nowera Custom Club Archive

    Un pop-up store dans le centre-ville

    La semaine prochaine sera dévoilé le premier modèle aux couleurs de Kid Noize. « Nous formons un véritable club. C’est dans cette optique que nous allons ouvrir aux alentours du 15 décembre, si la situation sanitaire le permet, notre premier Pop-Up Store au centre-ville de Liège. »

     

    Les deux Liégeois ont contacté le DJ.
    Les deux Liégeois, Dimitri et Jacques ont contacté le DJ. - Nowera Custom Club Archive

    Kid Noize qui connaît déjà bien Liège devrait y être plus souvent. « Je serai à l’ouverture du magasin et impliqué dans ce projet. Cela fait quelques années que je viens à Liège. Mais je vais y être de plus en plus présent. »

     

    En attendant l’ouverture du magasin et la mise en ligne du site internet, vous pouvez retrouver le Nowera Custom Club sur Facebook et Instagram. En ce moment, ils vous proposent de vous livrer un vélo à domicile et de le tester pendant 24 heures. « Ce n’est que le début de l’aventure. J’ai plein d’idées et de projets, comme organiser un tour de Belgique à vélos électriques. ». VINCENT ARENA

  • Cent artistes, DJ’s et techniciens du son ont manifesté en silence place Saint-Lambert

    C’est une action nationale baptisée « Sound Of Silence » qui a été relayée sur le terrain par le secteur liégeois ce jeudi. Un mouvement né au nord du pays sur les réseaux sociaux et qui a rapidement été relayé aux quatre coins du pays.

     

    Sans perspective de reprise, ce secteur revendique des aides et des mesures claires. Le rendez-vous avait été donné ce jeudi à midi sur la place Saint-Lambert. Une action qui rappelle un peu le « SOS Assiettes Vides» lancés par l’Horeca qui a pu depuis reprendre ses activités sous conditions.

     

    C’est en silence et debout sur des « Flight Case » vides, symboles de tout un secteur oublié et à l’arrêt depuis mars, que l’événementiel liégeois est venu crier au secours. Ils étaient une bonne centaine.

     

    Dans la foule, des visages bien connus comme les chanteurs Pierre Theunis et Bob Basomboli des 98% Maximum Soul, des DJ’s, Olivier Soquette, Daniel Frère, ou Michel Depas, le directeur du Trocadero.

    Mais également de nombreux anonymes, des personnes de l’ombre, ces invisibles qui œuvrent jour et nuit en coulisses pour assurer le spectacle.

     

     

    Tous étaient réunis pour faire entendre leurs voix dans cette crise sanitaire où ils se sentent oubliés. Oubliés tant par les mesures floues appliquées à un secteur qui semble méconnu du grand public et des autorités, mais aussi par les aides octroyées jugées insuffisantes.

    Une minute de silence

     

    Après quelques notes de musique sur la chanson « Sound Of Silence » de Simon and Garfunkel, les personnes présentes ont respecté une minute de silence.

    Une croix orange arborait leurs masques en symbole d’un silence imposé depuis six mois à tout un secteur composé essentiellement d’indépendants empêchés d’exercer leur métier. Un mot, un sentiment revenait régulièrement dans la bouche des manifestants : «J’adore mon métier mais ce n’est pas un loisir ! C’est ce qui me permet de me nourrir et de nourrir ma famille. » Un avis partagé par toutes les personnes interrogées. Associé à un manque de reconnaissance des autorités, ce sentiment gronde au sein d’un secteur qui se sent oublié et qui réclame des aides importantes et des mesures claires afin de pouvoir redémarrer ses activités. Trois actions ont déjà eu lieu. La première sur les réseaux sociaux, une seconde sur le terrain avec des autocollants apposés sur des bâtiments à Bruxelles. Cette troisième action place Saint-Lambert devrait en appeler d’autres si la situation devait demeurer en état.

    VINCENT ARENA

    « Le flou artistique des mesures »

    Ali El Mekkedem.
    Ali El Mekkedem. - TVA

    Organisateur d’événements, Ali El Mekkedem gère sa société liégeoise du nom d’Alinéas.

    « Nous avons ressenti la crise dès février. Nous sommes à 5% de nos activités normales. Depuis le début de la crise, c’est le flou artistique. Cette crise a été gérée de manière journalière et non anticipative. Un événement ne se prépare pas à court terme. Mais en politique, chacun semble tirer la couverture. Nous sommes des travailleurs de l’ombre. Des invisibles. Certains autres secteurs semblent privilégiés. Il y a donc un sentiment de frustration. Car de nombreuses familles sont impactées. Nous demandons des perspectives, une date, ou alors une aide réelle. Si un autre secteur était impacté comme le nôtre, il y aurait eu d’autres moyens. » V.A.

    En culture, il y a nous aussi

    Le coordinateur.
    Le coordinateur. - TVA

    Gérant de la société Euro Musique et fournisseur de matériel audiovisuel, Jonathan Minette est le coordinateur de l’action à Liège. « C’est clairement un cri de détresse que nous lançons pour rappeler que nous existons. Et surtout, que nous ne disposons d’aucune perspective. On parle beaucoup de culture depuis quelques jours. Mais la culture ce n’est pas nous. La culture dont on parle, ce sont les théâtres subventionnés. L’événementiel, c’est des traiteurs, des services de gardiennage, des artistes, des DJ’s, des musiciens, des techniciens, des sociétés d’organisations d’événements. Des annonces ont été faites. Ce sont des lueurs d’espoir. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas rentable ni viable à l’heure actuelle. Si nous ne sommes pas entendus, d’autres actions verront le jour et sont prévues. » V.A.

    Pierre Theunis: « Mon vrai métier, c’est la scène »

    Pierre Theunis
    Pierre Theunis - TVA

    « Nous avons tenté de rester créatif sur les raisons sociaux durant cette période très bizarre. Mon vrai métier, c’est la scène. Sans tous ces métiers de l’ombre, des artistes comme moi qui sommes dans la lumière, nous ne pourrions jamais y être. Nous sommes tous dans le même bateau. Je pense surtout aux personnes qui œuvrent dans le privé. On peut désormais remplir partiellement des salles. Mais ce n’est pas assez. Un organisateur fait son bénéfice sur le dernier quart de salle qu’il remplit. Tout est flou. Rien n’est clair. On ne sait pas où nous allons. Qu’on nous laisse pratiquer notre métier. C’est le mien depuis 35 ans. Je n’ai pas envie de faire autre chose. Nous avons besoin d’aides efficaces. » V.A.