La Meuse 04 - Page 3

  • Soutenons la culture: Jean-Marc Rodolfs (Alhambra Club)

    Située à Vreren sur la route de Tongres, à quelques encablures de Juprelle, ces deux clubs fréquentés par les Liégeois demeurent les deux derniers bastions d’un secteur qui est à l’arrêt total depuis plus de dix mois.

    Où en est la situation de vos deux discothèques ?

    Nous sommes à l’arrêt complet depuis notre dernière soirée le 8 mars dernier. La capacité totale des deux discothèques est de 1.600 personnes. Tout notre personnel est au chômage temporaire. Cela représente douze personnes, sans oublier les prestataires indépendants et nos DJ’s. Nous avons ouvert quatre dimanches entre septembre et octobre en formule réduite. Avec un maximum de 150 personnes installées à des tables hautes, le port du masque et une musique réduite.

    Quel est votre quotidien aujourd’hui ?

    Je me contente d’assurer l’entretien du bâtiment, la maintenance technique du matériel et le suivi du courrier administratif lié aux éventuelles primes. Je vous avoue que ça commence à devenir long et lourd à supporter.

    Peut-on évaluer vos pertes ?

    Elles sont de 100 % depuis le premier jour. Nous avons malgré tout pu bénéficier des aides sporadiques de la Région. Des aides qui ont le mérite d’exister. Mais au final, cela ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan par rapport à notre chiffre d’affaires habituel.

    Quelles sont vos perspectives ?

    Nous sommes totalement tributaires des décisions de l’état. Nous n’avons à l’heure actuelle aucune date et aucune perspective de reprise. Heureusement, en étant propriétaire de tous nos biens, les bâtiments comme le terrain, nous n’avons pas de charges énormes à supporter. La situation est tenable uniquement pour cette raison.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Je ne peux pas envisager ma vie autrement que celle dans laquelle j’ai investi plus de 36 années. De par sa configuration, le lieu est une discothèque et le restera. Je suis conscient que nous ne pourrons reprendre qu’une fois que la population sera immunisée. Car ouvrir avec des restrictions n’est pas rentable. VINCENT ARENA

  • Soutenons la culture: Fabrice Lamproye (Reflektor)

    Où en est la situation du Reflektor ?

    Nous sommes à l’arrêt complet depuis l’annonce du premier confinement en mars dernier. Nous n’avons à l’heure actuelle aucune perspective de réouverture. C’est une ASBL privée qui gère le Reflektor et qui en est sa cheville ouvrière. C’est cette même équipe qui œuvre à l’organisation des Ardentes. Généralement, nous employons dix personnes à temps plein. Sans oublier tous nos collaborateurs ponctuels comme les techniciens du son et de la lumière. Aujourd’hui, nous sommes encore trois personnes à fonctionner. Les autres sont à l’arrêt ou au chômage technique.

    Quel est le quotidien de vos équipes aujourd’hui ?

    Mis à part la tenue de quelques émissions pour la télévision, des résidences d’artistes pour leurs répétitions et la mise à disposition des lieux pendant un mois pour la Croix Rouge, nous n’avons plus aucune activité liée au Reflektor. Nous travaillons sur la programmation des Ardentes pour 2021.

    Peut-on évaluer vos pertes ?

    Nous avons perdu les trois quarts de notre programmation. Heureusement, nous avons reçu des aides publiques. Principalement de la fédération Wallonie-Bruxelles. La ville de Liège nous a également maintenu son soutien. Mais nous n’avons à l’heure actuelle aucune garantie que ces aides seront prolongées en 2021. Rien n’a encore été prononcé à ce sujet pour le prochain exercice.

    Quelles sont vos perspectives ?

    À court terme, je suis assez pessimiste concernant le Reflektor. En septembre, nous avons ouvert nos portes pour un concert unique dans le cadre du respect des règles sanitaires, avec une capacité réduite à 100 places assises. Au final, cela ressemblait plus à un showcase qu’à un concert. Avec notre petite superficie au sol, les lieux ne se prêtent pas à ce genre d’événement. Ce n’est ni notre mission, ni notre philosophie. La promiscuité du public nous place dans une situation similaire à celle des boîtes de nuit.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Nous ne pourrons rouvrir le Reflektor qu’en situation normale. Mais je suis optimiste quant au fait de pouvoir proposer nos festivals durant l’été. Une fois que la situation sera maîtrisée. Nous aurons besoin de signaux clairs avant mars pour tout mettre en place. J’espère que le vaccin va y contribuer. VINCENT ARENA

  • Soutenons la culture: Renaud Rutten (comédien)

    Où en est votre situation ?

    Comme de nombreux collègues artistes, j’ai reporté tous mes spectacles. Dont tous ceux programmés en France et en Belgique en duo avec mon ami Jean-Marie Bigard. Heureusement, j’ai eu la chance de remonter un peu sur scène entre les deux confinements. Mais devant une salle à moitié pleine suite aux mesures sanitaires. J’ai tourné quelques séquences, des publicités à domicile et de la promo. Mais en général, c’étaient souvent des prestations qui n’étaient pas rémunérées. Nous travaillons surtout dans l’optique de la reprise.

    Quel est votre quotidien aujourd’hui ?

    Je suis actuellement à Paris. Je répète la pièce de théâtre « Qui est Monsieur Schmitt ? » avec Valérie Bonneton et Stéphane de Groodt. Une pièce qui est programmée jusqu’à nouvel ordre en janvier au théâtre Édouard VII à Paris. Je viens de terminer deux tournages, un pour la télévision et un autre pour le cinéma. Mais aujourd’hui, quand j’ai la chance de travailler, c’est de manière totalement différente.

    LE MOT DE RENAUD RUTTEN: video-1608924572.mp4

    Peut-on évaluer vos pertes ?

    Je suis indépendant. La perte au niveau du chiffre d’affaires de ma société de production s’élève à 80 % sur cette année 2020.

    Quelles sont vos perspectives ?

    Je ne veux plus attendre qu’on vienne me chercher chez moi. J’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Je viens de créer une comédie policière interactive où le spectateur peut jouer à l’inspecteur. Un peu comme dans le spectacle que je proposais sur scène et où le spectateur pouvait choisir sa fin alternative. Dernièrement, je viens aussi de créer « Papotes Internes », ma propre émission de télévision. Le concept est simple : je reçois un invité comme si c’était notre premier rendez-vous. Je m’intéresse surtout au côté humain plutôt qu’à la personne publique, avec des invités que l’on n’a pas l’habitude de voir à la télévision. Je me suis un peu inspiré de « La Parenthèse Inattendue » de Frédéric Lopez. Un format de 26 minutes réalisé par mon ami Patrick Alen. Nous cherchons encore un réseau de distribution ou une chaîne intéressée.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    La scène me manque. J’espère que tout va pouvoir redémarrer rapidement en 2021. L’envie est également présente du côté du public. Je demeure confiant et je profite de la vie. Car je ne peux imaginer que le monde puisse se passer de culture et de spectacles vivants. VINCENT ARENA

    Photo: Laura Hollange.