La Meuse 04 - Page 4

  • Interview: l'année 2020 des Taloche!

    Votre année s’annonçait pourtant sous de bons auspices ?

    Elle devait être celle de notre retour sur scène et l’année des 10 ans du Voo Rire. Il n’en fut finalement rien. Pourtant, notre nouveau spectacle « Mise à jour » était prêt. Nous devions le jouer au début d’année pendant trois mois au théâtre « L’Européen » à Paris. Il a d’abord été reporté suite à la grève des transports puis face aux actions des gilets jaunes. Malgré le pessimisme ambiant et celui de notre producteur, nous avons tout de même commencé les représentations début mars. Nous l’avons joué en tout à cinq reprises. C’était le temps des premiers masques dans la rue avec ce sentiment étrange qu’il se passait quelque chose de grave. Lors de la dernière représentation, il y avait trente personnes en salle.

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    Comment s’est passé votre retour ?

    Nous avons quitté Paris dans la précipitation, en abandonnant nos costumes de scène dans les loges. Nous avons pris en catastrophe le dernier train pour la Belgique le 13 mars, juste avant la fermeture des frontières.

    Avez-vous gardé le moral ?

    Nous étions confiants avec l’arrivée de l’été. Très vite, nous avons travaillé sur un format réduit de notre festival. Nous nous sommes battus jusqu’au dernier moment. Tout a été réalisé et engagé comme s’il allait avoir lieu.

    Puis vient ce jour du 17 octobre ?

    Tout était prêt. On y croyait encore, le 17 octobre, quand nous sommes montés sur la scène de l’OPRL pour un spectacle inédit. Nous étions face à une demi-salle qui respectait les règles sanitaires. Nous nous amusions du fait que cette inauguration pouvait être aussi notre soirée de clôture. On ne croyait pas si bien dire.

    Comment avez-vous vécu cette annulation de dernière minute ?

    Tout s’écroule. Nous l’avons pris en pleine tronche. Avec ces nouvelles mesures, toutes nos dates ont été annulées. Les spectacles, les grands shows de télévision, notre festival, bref toutes nos activités liées à la présence du public. Notre tournée en Suisse a été reportée. Sans garantie.

     

    Vincent a profité de longues balades à moto.
    Vincent a profité de longues balades à moto. - DR

    En dehors du travail, avez-vous pu profiter de votre temps libre ?

    Nous sommes tous les deux passionnés de moto. Avec un printemps clément et un été chaud, nous avons pu arpenter les routes. Bruno est un joueur de golf. Ce fut aussi l’occasion de pratiquer ce sport.

     

    Bruno adore le golf.
    Bruno adore le golf. - DR

    Quel fait vous a le plus marqué ?

    Sans conteste, la disparition de notre amie Annie Cordy. Avec Virginie Hocq, nous faisions partie de sa garde rapprochée. Nous avions fêté, ensemble, ses 90 ans. Nous l’avions encore au téléphone quinze jours avant sa mort. Comme nous, elle a été bercée par le music-hall. Tant humainement que professionnellement, elle a été la grande rencontre de notre vie. Sa disparition fut très émouvante. C’est un peu comme si nous perdions notre grand-mère.

    Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui dans vos vies ?

    Nous nous interrogeons beaucoup plus. Nous en avons le temps. Nous ne sommes plus sur les routes. Les copains, les soirées improvisées et les choses simples nous manquent. Nous sommes devenus les spécialistes des réunions virtuelles sur écrans interposés. On y passe des heures. Si c’est ça la vie, c’est bien triste.

    Avez-vous des projets ?

    Notre métier, aujourd’hui, c’est reporter des dates et de préparer le prochain festival. Nous espérons pouvoir reprendre la route. Notre spectacle est prêt. Notre volonté est de tourner avec « Mise à jour » en 2021 et 2022. Et puis, il y a ce projet qui nous tient à cœur avec la Fédération Belge des Professionnels de l’Humour. Nous sommes soutenus par Pierre-Yves Jeholet. Une grande première historique en termes de reconnaissance.

    Une actualité immédiate ?

    Il va y avoir quelques rendez-vous sur la RTBF en décembre et en janvier. Un documentaire sur les dix ans de notre festival a été tourné dans plusieurs salles de Liège avec des images inédites. Nous ferons également partie des invités de l’émission « Alors on sort ? », présentée par Adamo à Noël. Une soirée sur Louis de Funès au Trocadero et des capsules humoristiques pour Tipik seront également au programme. VINCENT ARENA

    Leurs favoris

    Marc Carnevale.

    Les frères Taloche nous livrent leurs podiums liégeois en termes de personnalités, d’initiatives et de commerces locaux.

    > Des personnalités locales :

    1. Jean-Philippe Darcis : le célèbre chocolatier pour la sortie de son livre « Souvenirs sucrés de leur enfance ». Un livre qui comporte l’une de nos recettes.

    2. Pierre Rapsat : nous avons profité du premier confinement et de notre temps libre pour redécouvrir son œuvre.

    3. Michel Depas : le directeur du Trocadéro de Liège pour son combat au quotidien et sa fidélité à toute épreuve.

    > Des initiatives locales :

    1. Le comité de soutien au grand théâtre de Verviers : un lieu que nous aimons et qui nous tient à cœur depuis nos débuts.

    2. Les bons plans du confinement : le groupe Facebook créé par Caro Bjean. Un groupe dédié aux livraisons de produits variés du secteur Horeca.

    3. Vivre Ici : l’initiative citoyenne pour les SDF de Verviers. C’est un collectif de bénévoles verviétois qui est à l’origine d’une distribution de vivres en faveur des SDF et des personnes en situation précaire.

    Des commerces locaux :

    1. L’Artisan Gourmand : une nouvelle boucherie traiteur à Stembert qui vaut le détour.

    2. Kockelmann Motos Service : le concessionnaire moto exclusif Ducati à Francorchamps.

    3. Le Sabots d’Hélène, dans le Carré, à Liège : le restaurant de notre ami Marc Carnevale, touché lui aussi par la crise comme tout le secteur Horeca. V.A.

  • Pierre Kroll en streaming au Forum pour le réveillon du 31

    C’était au départ un projet original imaginé pour la scène et le réveillon du Nouvel An par l’équipe du Forum de Liège.

    « Un spectacle original créé de toutes pièces pour le réveillon que l’on pensait vraiment pouvoir proposer en présence du public », nous explique Simon Bouazza, le directeur du Forum.

    En streaming

    « A l’époque, nous étions encore confiants et espérions pouvoir le vivre sur scène en présentiel. » Qu’à cela ne tienne ! C’est en streaming au prix unique de 10€ que ce spectacle aura tout de même lieu cette année. « Les gens seront confinés chez eux en petits comités. Comme aucun événement ne peut avoir lieu cette année, c’était le moyen de pouvoir tout de même leur proposer quelque chose d’unique. Ce spectacle est une création originale écrite par Bruno Coppens et Pierre Kroll. L’occasion de mettre en avant durant cette période difficile pour la culture un artiste de la fédération Wallonie-Bruxelles. »

    Un spectacle humoristique et satirique en compagnie de Pierre Kroll qui reviendra avec ses talents de dessinateur et de caricaturiste sur une année 2020 des plus particulières.

    Durant une heure

    « Le spectacle est prévu à 20h et durera une grosse heure. Nous proposerons un lien en streaming sur une plateforme. Avec la possibilité pour le spectateur de faire une pause et de reprendre le spectacle quand il le souhaite. » Un spectacle qui sera tourné entre les murs du Forum de Liège, avec un léger différé afin d’éviter d’éventuels désagréments de connexion. « Il y aura des surprises, des invités, un magicien et des intervenants en vidéo. Nous avons engagé de vrais moyens pour cette réalisation qui mettra en avant la salle du Forum. ». Réservation : uniquement sur le site www.leforum.be. Accès : 10€. VINCENT ARENA

  • Interview spéciale 2020: Emiliano Bonfigli (commentateur sportif)

    B9725619189Z.1_20201222192818_000+G2BH8KPKN.2-0.jpgOn a parfois tendance à l’oublier, mais vous êtes Liégeois.

    Absolument ! Même si je travaille à Bruxelles depuis de nombreuses années, je n’ai jamais voulu y habiter. Je préfère réaliser les trajets chaque jour. Mes racines, mes amis et ma famille sont à Liège. C’est ma ville. Je ne peux pas me passer du centre-ville que j’affectionne tout particulièrement. Les gens sont parfois étonnés de m’y croiser. Ils n’imaginent pas que je suis Liégeois.

    Qu’est-ce qui vous attire tant ?

    J’aime la chaleur que dégagent la ville de Liège et les Liégeois. J’aime me promener au centre-ville et sentir cette atmosphère latine qui me rappelle un peu mes origines italiennes. Les gens sont avenants. Quand vous devez réaliser un micro-trottoir pour la télévision à Liège, c’est plié en quelques minutes. Il y a une vraie chaleur humaine que l’on ne retrouve pas ailleurs.

    Quel regard portez-vous sur votre année ?

    Comme tout le monde, elle a été impactée par la crise sanitaire. Mais attention, je n’ai aucunement le droit de me plaindre. Contrairement à d’autres, j’ai eu la chance de conserver mon emploi et d’être en bonne santé. Après un arrêt total lié à l’absence de compétitions sportives, cette année 2020 fut marquée par du football dans des stades vides.

    Comment se marque cette différence dans l’approche de vos commentaires ?

    L’aspect principal, c’est l’émotion. Même si le plaisir du jeu est présent, l’absence du public c’est la perte des émotions. Pour les rencontres des Diables Rouges et de Bruges à domicile, nous sommes dans le stade. Par contre, pour les autres rencontres internationales, nous commentons les matchs depuis une cabine à Bruxelles. Je me suis très vite rendu compte que mes plus beaux souvenirs et mes plus belles émotions de commentateurs sont tous liés au public et aux supporters. Ce sont eux qui rendent un match incroyable. Voir un stade vide est un sentiment qui me pèse. Ce que je préfère dans ce métier, c’est l’échange avec les gens sur le terrain. Plus que le rapport aux footballeurs, c’est ce contact dans les stades avec les supporters que j’aime.

     

    Avec son chien, Lila.
    Avec son chien, Lila. - DR

    Votre façon de commenter un match est-elle différente aujourd’hui ?

    Je me suis rendu compte que j’avais tendance à parler plus durant une rencontre dans un stade vide. Habituellement, on n’hésite pas à laisser des blancs afin d’entendre le stade chanter et réagir. Aujourd’hui, nous avons peur de laisser de la place au silence. Qui plus est, quand nous sommes en cabine face à un moniteur, nous n’avons pas la même vision du jeu et du terrain. Sans cette vision tactique et globale du jeu, le commentaire perd de sa couleur.

    Quand avez-vous pris conscience que la situation était grave ?

    Mon seul déplacement cette année fut à Naples, en février dernier, pour la rencontre face au Barça. Une fois sur place, nous avons découvert une situation nouvelle. J’ai réalisé qu’il se passait quelque chose.

    Quel fait vous a le plus marqué ?

    Certainement la mort de Diego Maradona. Enfant, avec mes origines italiennes, mes premiers souvenirs remontent à la coupe du monde 1990 en Italie. Et cette fameuse élimination de l’Italie face à l’Argentine du roi Diego. C’est à cette époque que j’ai compris que le football était important à mes yeux.

    Avez-vous des projets pour 2021 ?

    J’espère couvrir l’Euro pour RTL Info. Je suis impatient de retrouver des stades pleins. J’espère que nous pourrons le vivre l’année prochaine. À titre privé, je me suis acheté un appareil photo. J’ai envie de photographier les plus beaux endroits de Liège. J’ai toujours voulu le faire, mais j’ai manqué de temps. Et puis, j’ai aussi envie de reprendre le sport de manière plus intensive. J’ai couru le marathon de Berlin en 2017. Je ne me suis jamais senti aussi bien. VINCENT ARENA

    Ses favoris

    Avec Elia Fontaine.

    Commentateur sportif, Emiliano nous livre ses podiums liégeois en termes de personnalités, d’initiatives et de commerces locaux.

    Les personnalités :

    1. Elia Fontaine : ma rencontre avec cette jeune Liégeoise qui a perdu une jambe à cause du Covid m’a énormément marquée. J’ai été remué et très touché par son courage, sa volonté et sa détermination. Après une telle tragédie, se remettre au basket est un exemple d’optimiste et de persévérance.

    2. Miko Khatchatryan : j’ai eu la chance de commenter les combats de ce jeune boxeur de Droixhe qui est devenu champion de Belgique dans sa catégorie. Un vrai gentleman qui a la tête bien sur les épaules.

    3. Boulettes magazine : une belle initiative qui parle de Liège et qui met en avant ce qui s’y passe.

    Les initiatives :

    1. Tous les mouvements de jeunesse qui se mobilisent pour envoyer des cartes de vœux dans les maisons de repos.

    2. Les cafés et restaurants qui pratiquent les cafés et repas suspendus pour les sans-abri.

    3. Tous les projets qui tournent autour du renouveau architectural du centre-ville, comme le tram ou la passerelle. Liège devient de plus en plus moderne.

    Les commerces locaux :

    1. La librairie « Place aux livres », place Xavier Neujean, à Liège. J’aime lire et le service sur place est excellent.

    2. Le restaurant Marghé 2.0, rue Sebastien Laruelle, à Liège. J’y retrouve le vrai goût de l’Italie.

    3. Le cinéma Les Grignoux où j’aime me rendre en famille. V.A.