Rock

  • Rejoignez-nous sur notre page Facebook "La Meuse 04"

  • Interview: Plastic Bertrand tourne un clip à la Boverie. Une reprise de Bowie dans l'expo Warhol!

    Strass, paillettes, rock and roll et ambiance des grands plateaux sont venus s’immiscer ce lundi matin en plein cœur d’une exposition qui vous attend encore jusqu’au 28 février prochain à Liège.

     

    Plastic Bertrand, qui vient de sortir un nouvel album quarante ans après son tube planétaire « ça plane pour moi » était présent à Liège pour un projet qui lui colle si bien à la peau. « Andy Warhol et David Bowie, ce sont deux évidences pour moi », nous confie de chateur. « Ils ont été des guides dans ma carrière. Et j’ai eu la chance de les rencontrer tous les deux. Andy Warhol lors de sa venue en Belgique dans les années 80 a demandé à rencontrer trois personnes. Jacques Brel, Tintin et Plastic Bertrand. J’étais le seul encore disponible. Nous avons fait la fête ensemble à Bruxelles. Il avait un humour très acerbe. Ce fut un merveilleux moment. »

     

    Fan inconditionnel de Bowie et de Warhol, ce projet de clip vidéo s’est imposé de lui-même. « David Bowie m’a influencé durant toute ma carrière. Je l’ai rencontré aux USA lors d’une promo de mon titre « Stop ou encore ». Enregistrer son titre consacré à Warhol au cœur de cette exposition était une évidence. » La chanson « Andy Warhol » ne figure pas sur le nouvel album « L’expérience humaine » de Plastic Bertrand mais fera l’objet d’une sortie spéciale sur toutes les plateformes le 22 janvier. « Nous allons proposer ce titre et le clip qui l’accompagne partout sur les différents réseaux. L’objectif est également d’intégrer ce clip dans l’exposition consacrée à Andy Warhol. J’espère qu’il accompagnera par la suite l’exposition dans sa prochaine vie. »

     

    Avant de nous quitter, Plastic Bertrand nous a confié une dernière anecdote liégeoise. Son rendez-vous manqué avec David Bowie. « Dans les années 90, j’étais venu avec mes musiciens enregistrer l’émission de Philippe Longtain D6bels au Palais des Congrès. Deux jours plus tôt, la BBC m’avait invité à faire un duo avec David Bowie. Ne pouvant annuler l’émission de la RTBF, la BBC m’avait affrété un hélicoptère à l’Héliport de Liège pour rejoindre Londres en dernière minute. Mais une tempête sur la Manche a finalement empêché l’hélicoptère de décoller. »

    «Ce projet, c’est l’histoire de ma vie»

    «Ce projet, c’est l’histoire de ma vie»

    Plastic, pourquoi ce choix ?

    Ce projet, c’est l’histoire de ma vie. Une chanson sur Andy Warhol chantée par David Bowie, je ne pouvais pas rêver mieux. C’était une évidence. Deux artistes qui me collent à la peau et que j’admire. Dans ma longue carrière, j’ai eu la chance de rencontrer ces deux génies. À deux moments différents de ma vie.

    Comment est né ce projet ?

    Tout est parti d’une rencontre avec l’artiste peintre belge Jacques Charlier à qui j’ai raconté ma rencontre avec Warhol. Un artiste brillant du surréalisme belge. On souhaitait faire un truc ensemble sur Warhol. Lui a imaginé une exposition avec 300 portraits de Plastic Bertrand à la façon d’Andy Warhol. Une expo qui a eu lieu aux Beaux-Arts à Valencienne. Quand Jacques Charlier en a parlé aux organisateurs de l’expo à Liège, cette chanson s’est imposée d’elle-même. C’était d’une logique évidente à mes yeux.

    Quel sentiment vous inspire cette exposition ?

    Je m’y sens comme chez moi. Je connais toutes ses œuvres. J’ai juste découvert une période à ses débuts que je ne connaissais pas. Je m’y sens un peu comme à la maison. Même si je me sens tout petit dans cet univers. Il y a de bonnes ondes. Tourner ce clip dans The Factory, la réplique de son bureau new-yorkais et de son atelier de travail, est quelque chose d’énorme pour moi. Pouvoir tourner un clip avec les œuvres d’Andy Warhol en toile de fond me rend très fier. Notre volonté était d’intégrer tous ses codes et des références à l’artiste avec ses différentes périodes.

    Où va-t-on trouver cet hommage ?

    Cette reprise de Bowie ne fait pas partie de mon dernier album « L’expérience humaine » qui vient de sortir. Elle fera l’objet d’une sortie sur différentes plateformes et nos réseaux dès le 22 janvier prochain. Quant au clip que nous venons de tourner, il fera partie intégrante de cette exposition en tant que pièce unique. La seule pièce qui ne sera pas attribuée à Warhol mais qui j’espère continuera à en faire partie en guise d’hommage.

    Comment s’est déroulée votre rencontre avec Warhol ?

    C’était à Bruxelles lors d’une exposition qui lui était consacrée au début des années 80. Son travail était déjà reconnu. C’était juste après le succès de mon titre « Ça plane pour moi ». Andy Warhol avait lui-même demandé à me rencontrer. À la base, il souhaitait rencontrer trois personnes en Belgique. Jacques Brel, Tintin et Plastic Bertrand. J’étais le seul disponible. J’avoue que je n’en revenais pas ! Nous avons fait la fête et nous avons passé deux jours fabuleux ensemble à Bruxelles.

    Comment était-il dans la vie ?

    Il avait un humour assez acerbe et plutôt trash. Il savait cerner et définir les gens en quelques secondes. Il devait apprécier cette mouvance un peu punk et rock qu’il connaissait très bien et qui me collait à la peau. Nous sommes sortis dans en boîtes à Bruxelles. C’était le délire complet jusqu’au bout de la nuit. Les gens me reconnaissaient plus que lui. Je pense que ça devait l’agacer un peu. Mais il était toujours drôle.

    Venons-en à David Bowie, quelle place occupe-t-il dans votre carrière ?

    C’est mon phare, l’artiste le plus important de ma vie. Il m’a toujours influencé. Il a guidé toute ma carrière. Le fait de changer de personnage m’a toujours inspiré. Il y a déjà eu des amorces dans mes chansons. Que ce soit dans « Tout petit la planète » ou « Major Tom », on sent clairement cette influence. Comme dans mon dernier album d’ailleurs. Bowie est souvent réapparu dans ma vie.

    Vous l’avez également rencontré ?

    J’ai eu la chance d’avoir un titre remixé « Stop ou encore » qui a connu une carrière aux États-Unis. Nous nous sommes retrouvés ensemble à New-York en train de faire de la promo au même moment. C’était quelqu’un de très élégant, de doux, de bienveillant et qui était très drôle. Durant la dernière tournée Stars 80, je lui rendais également hommage en reprenant sa chanson « The Jean Genie ». Un vrai bonheur. Nous sommes artistiquement très proches.

    Vous n’avez conservé aucune trace de ces deux rencontres ?

    Malheureusement non. C’était une autre époque. Andy Warhol n’a pas fait de portrait de moi. Ni de Bowie d’ailleurs. Bowie était fou de Warhol. Mais ces deux génies ne s’entendaient pas. Le contact n’est pas bien passé lors de leur seule et unique rencontre. Mais ils avaient beaucoup de respect l’un envers l’autre. VINCENT ARENA

    Photos et vidéos: Laura Hollange.

  • Soutenons la culture: Fabrice Lamproye (Reflektor)

    Où en est la situation du Reflektor ?

    Nous sommes à l’arrêt complet depuis l’annonce du premier confinement en mars dernier. Nous n’avons à l’heure actuelle aucune perspective de réouverture. C’est une ASBL privée qui gère le Reflektor et qui en est sa cheville ouvrière. C’est cette même équipe qui œuvre à l’organisation des Ardentes. Généralement, nous employons dix personnes à temps plein. Sans oublier tous nos collaborateurs ponctuels comme les techniciens du son et de la lumière. Aujourd’hui, nous sommes encore trois personnes à fonctionner. Les autres sont à l’arrêt ou au chômage technique.

    Quel est le quotidien de vos équipes aujourd’hui ?

    Mis à part la tenue de quelques émissions pour la télévision, des résidences d’artistes pour leurs répétitions et la mise à disposition des lieux pendant un mois pour la Croix Rouge, nous n’avons plus aucune activité liée au Reflektor. Nous travaillons sur la programmation des Ardentes pour 2021.

    Peut-on évaluer vos pertes ?

    Nous avons perdu les trois quarts de notre programmation. Heureusement, nous avons reçu des aides publiques. Principalement de la fédération Wallonie-Bruxelles. La ville de Liège nous a également maintenu son soutien. Mais nous n’avons à l’heure actuelle aucune garantie que ces aides seront prolongées en 2021. Rien n’a encore été prononcé à ce sujet pour le prochain exercice.

    Quelles sont vos perspectives ?

    À court terme, je suis assez pessimiste concernant le Reflektor. En septembre, nous avons ouvert nos portes pour un concert unique dans le cadre du respect des règles sanitaires, avec une capacité réduite à 100 places assises. Au final, cela ressemblait plus à un showcase qu’à un concert. Avec notre petite superficie au sol, les lieux ne se prêtent pas à ce genre d’événement. Ce n’est ni notre mission, ni notre philosophie. La promiscuité du public nous place dans une situation similaire à celle des boîtes de nuit.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Nous ne pourrons rouvrir le Reflektor qu’en situation normale. Mais je suis optimiste quant au fait de pouvoir proposer nos festivals durant l’été. Une fois que la situation sera maîtrisée. Nous aurons besoin de signaux clairs avant mars pour tout mettre en place. J’espère que le vaccin va y contribuer. VINCENT ARENA